La romancière Leïla Slimani à la Résidence de France, le 11 avril 2018, à Beverly Hills, en Californie.
La romancière Leïla Slimani à la Résidence de France, le 11 avril 2018, à Beverly Hills, en Californie. ©AFP - VALERIE MACON
La romancière Leïla Slimani à la Résidence de France, le 11 avril 2018, à Beverly Hills, en Californie. ©AFP - VALERIE MACON
La romancière Leïla Slimani à la Résidence de France, le 11 avril 2018, à Beverly Hills, en Californie. ©AFP - VALERIE MACON
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Ce matin nous recevons la romancière Leïla Slimani, prix Goncourt il y a cinq ans, qui signe "Le parfum des fleurs la nuit", édité chez Stock.

Avec

L’auteur de “Chanson douce” a accepté de rester enfermée dans le Musée de la Pointe de la Douane à Venise, pour la collection “Ma nuit au musée” de l’éditeur Stock. Dans cette série, un écrivain est invité à passer une nuit entière dans un musée pour en tirer un livre. Avec “Le Parfum des fleurs la nuit”, Leïla Slimani nous plonge dans les coulisses de l’écriture et nous signe peut-être son livre le plus intime. 

Une nuit au musée

J'ai un peu regretté au moment même où j'ai dit oui parce que je me disais mais pourquoi accepter un texte que je n'ai pas décidé moi-même, qui ne vient pas finalement de l'intérieur de moi ?

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Donc, je me suis lancée là-dedans. Comme il arrive qu'on se lance parfois dans des choses, on dit oui, on sait qu'on n'a pas totalement raison de dire oui et en même temps, on se dit « peut-être que le hasard fera bien les choses ». Et je crois que ça a été le cas parce que j'ai passé une nuit  incroyable.

Dans la peau d’un écrivain

L'écriture, c'est la discipline, c'est le renoncement à beaucoup de choses. Peut-être même le renoncement au bonheur. En tout cas, à plein de bonheur de la vie et de la vie quotidienne. Quand vous êtes dans l'écriture d'un roman, il faut dire non, il faut ne pas répondre au téléphone. Il faut refuser beaucoup de choses.

Mais dans cette solitude et dans cette contrainte, finalement, on trouve aussi beaucoup de plaisir et beaucoup de liberté

C'est très difficile de décrire à des gens qui ne le vivent pas, la joie de créer des personnages, de créer un monde, de créer de la beauté, de susciter des émotions. C'est une joie qui est incomparable. C'est quelque chose d'extraordinaire d'être enfermé dans son bureau et parfois, à 17 heures, de lever la tête, de zigzaguer.

Et je ne voudrais être nulle part ailleurs tellement c'est beau et tellement c'est extraordinaire ce qu'on arrive à créer.

L’injustice et la mort d’un père aux origines de l'écriture de Leïla Slimani

Oui, je suis en colère. Oui, je pense que je suis en colère, que je suis, que je suis blessé et que c'est un moteur. C'est un moteur de mon écriture. C'est certain.

Vous avez le désir de mettre une forme de projecteur sur la laideur humaine, sur la lâcheté humaine, sur la veulerie des gens. Et à l'inverse, aussi, de mettre le projecteur sur la beauté et la dignité que peut avoir une âme humaine dans sa capacité à résister à cette violence.

L'écriture comme moteur de vie

Vous écrivez en aveugle et avec plein de choses à l'intérieur de vous. Vous écrivez avec vos souvenirs avec vos ancêtres. Vous écrivez avec vos traumatismes. Mais il ne s'agit pas de la psychanalyse.

La littérature n'est pas un lieu où on est là pour décortiquer, analyser. C'est de la pulsation et du rythme. C'est de l'émotion, c'est du c'est de la chair. Moi, ce que je cherche, je cherche la vie, je cherche à ce que ça palpite.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation
Sophie Alavi
Collaboration