Diplôme, emploi, salaire : quelles relations ? Avec Elise Huillery et Camille Peugny

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. ©AFP - Thomas SAMSON
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Les diplômes jouent un rôle discriminant dans l'accès à l'emploi. Le baccalauréat, malgré sa “massification” ne déroge pas à la règle.

La massification scolaire ne fait pas l’égalité. Au contraire, elle a aussi ses effets pervers. Elle accroît par exemple l’emprise des diplômes et favorise la reproduction sociale. Elle est aussi une des raisons d'un financement décroissant et inégalitaire de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Malgré ses vertus, la massification scolaire oblige à repenser l’architecture de notre éducation.

Nos invités

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  • Elise Huillery : professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine
  • Camille Peugny : sociologue, professeur à l’université de  Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et auteure de "Pour une politique de la jeunesse" (Seuil, 2022)

Les résultats décevants de la réforme du lycée

La réforme a été introduite, concernant la filière principale, pour donner davantage de latitudes et de choix aux lycéens. Dès la classe de première les filières traditionnelles - littéraire, économique et scientifique - ont été remplacées par une combinaison de choix de spécialités comme la spécialité physique avec la spécialité littéraire ou géopolitique. "Les résultats sont plutôt décevants", estime Camille Peugny, "car on s’aperçoit que des choix de combinaisons sont faits très majoritairement et aboutissent à reconstruire des parcours très scientifiques qui concentrent les bon élèves socialement favorisés".

La rentabilité économique des études supérieures

Le taux d’obtention du baccalauréat approche les 100% depuis ces deux dernières années. "Il me semble qu’il est tout à fait souhaitable que la plupart voire la totalité des élèves de terminales puissent accéder à l’enseignement supérieur". Les travaux d’économie montrent qu’il est tout a fait rentable de faire des études supérieures indique Elise Huillery. "Cette rentabilité devrait être un argument pour que beaucoup plus d’élèves du lycée accèdent à l’enseignement supérieur qui est le meilleur rempart contre la précarité et le chômage". Les taux d’accès à l’enseignement supérieur sont encore très faibles pour les catégories les plus pauvres, de l’ordre de 40 ou de 45 %, car en plus de la gratuité de l’université, il est nécessaire de penser aux logement étudiant et au prix de la vie quotidienne.