Cette année, les César seront-ils à la fête ? ©AFP - BERTRAND GUAY
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Résumé

À l'occasion des Césars qui se dérouleront ce vendredi, l'équipe des Matins reçoit Iris Brey, Judith Lou-Levy et Laure Murat afin de discuter de la place de la femme dans le cinéma en 2020.

avec :

Judith Lou-Levy (Directrice de la société de production “Les films du Bal” et productrice), Iris Brey (Spécialiste de la représentation du genre au cinéma et dans les séries), Laure Murat (Essayiste et professeur à UCLA (Université de Californie - Los Angeles)).

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Ce soir se déroulera une 45e cérémonie des Césars sous tension. Depuis l’annonce des douze nominations pour J’accuse le dernier film de Roman Polanski, l’événement est la cible d’une vague de protestations. Hier, les murs de l'Académie ont été recouverts de slogans fustigeant les nominations du réalisateur et plusieurs associations féministes ont appelé à un rassemblement ce vendredi devant la salle Pleyel à Paris où se tiendra la cérémonie. Cette édition est aussi marquée par la récente condamnation du producteur de cinéma Harvey Weinstein qui a été reconnu coupable lundi d’agression sexuelle et de viol. La place des femmes dans le monde du cinéma peut-elle évoluer ? Comment filmer les femmes après « Me too » ? Le cinéma doit-il changer de regard sur le corps des femmes ?

Pour en parler, nous recevons Iris Brey, universitaire, critique de cinéma, autrice de Le regard féminin. Une révolution à l’écran paru aux éditions De l’Olivier.

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Judith Lou-Levy, directrice de la société de production “Les films du Bal”, productrice notamment du film Atlantique, réalisé par Mati Diop, nommé pour le César du Meilleur premier film.

Et Laure Murat, essayiste et professeure à UCLA, spécialiste de l’histoire de la littérature, auteure de Une révolution sexuelle : réflexions sur l'après-Weinstein” paru aux éditions Stock en 2018.

La politisation du cinéma, nécessaire pour redorer l'image d'une industrie ternie par les scandales et par son opacité ? 

À la fin, le cinéma français, c'est une grande famille dont toutes les familles à des moments de rupture. Là, on arrive à un moment de rupture qui est, à mon avis, assez joyeux. Parce qu'au moins les problèmes se voient. Et à partir du moment où on arrive à voir les problèmes, on peut commencer à réfléchir à comment est ce qu'on pourrait résoudre certaines choses ? En tout cas, renouveler certains pans du cinéma français. J'accueille cette cérémonie de manière assez joyeuse et effectivement, le cinéma français n'a jamais été un lieu très politisé en France, contrairement aux États-Unis pour les Oscars. On voit souvent des discours où on entend souvent des discours d'acteurs et d'actrices qui racontent quelque chose sur notre monde. En France, on fait souvent beaucoup de blagues et on ne dit pas grand chose. À mon avis, cette cérémonie va marquer un tournant où il va y avoir des prises de position fortes. Iris Brey

"Je pense que vous évoquez un des points qu'il y a sur le fonctionnement des Césars. Et d'ailleurs, une des critiques principales, c'est l'opacité. C'est-à-dire qu'on ne sait pas tellement qui sont les votants, qui sont les 4 300 membres de l'Académie qui votent. Et c'est vrai que ce serait intéressant, par exemple, que ce soit une liste accessible parce qu'il n'y a pas de secret. Ce sont notamment des gens qui sont censés avoir eu à un moment donné dans leur vie, une nomination aux Césars. Il y a aussi beaucoup d'exploitants. En fait, c'est vrai qu'il y a une opacité de fonctionnement qui a tellement lieu d'être et qu'on a envie de comprendre mieux." Judith Lou-Levy
Dès lors, quel regard porter sur le cinéma ? 

Il est question d'exercer un regard critique renouvelé sur des œuvres et des comportements. Ça me semble très sain et ça me semble même au cœur du travail critique. Le visionnage, ce n'est pas le révisionnisme. Mais oui, le visionnage est une pratique de la crise. Ça consiste en quoi ? Cela consiste à revoir des films avec un regard contemporain. Laure Murat