Des chercheurs dans un laboratoire de l'Institut des bactériophages Eliava à Tbilissile
Des chercheurs dans un laboratoire de l'Institut des bactériophages Eliava à Tbilissile
Des chercheurs dans un laboratoire de l'Institut des bactériophages Eliava à Tbilissile ©AFP - Vano SHLAMOV
Des chercheurs dans un laboratoire de l'Institut des bactériophages Eliava à Tbilissile ©AFP - Vano SHLAMOV
Des chercheurs dans un laboratoire de l'Institut des bactériophages Eliava à Tbilissile ©AFP - Vano SHLAMOV
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Résumé

L’expansion de l’humanité s’est traduite par une longue suite de pandémies. La dernière d’entre elles nous interroge sur les relations que nous entretenons avec le vivant, nos modes de vie et d’organisation sociale.

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Le Covid-19 a changé nos vies. Durablement ? Difficile à dire, mais ce n’est pas la première grande épidémie de notre histoire et on peut se souvenir de la manière dont la peste noire a préparé la Renaissance, quand d’autres épidémies ont vite été oubliées.

D’autres virus marqueront-ils un jour nos quotidiens ? Sans doute. C’est pourquoi connaître l’histoire du choléra, du VIH ou de la grippe est nécessaire. Comment ces maladies sont-elles apparues, comment se sont-elles disséminées, comment ont-elles été combattues ? Répondre à ces questions c’est toiser le risque si ce n’est le minimiser, conjurer un peu la peur, s’armer d’expérience. Les épidémiologistes, enquêteurs devenus stars avec la pandémie, sont dans ce cadre les sources d’un savoir à vulgariser.

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La pandémie de coronavirus, conjuguée aux débats sur le réchauffement climatique, interroge nos modes de vie et nous rappelle : l’histoire des épidémies est aussi l’histoire d’une interaction entre les hommes et la nature, une histoire de nos sociétés et de leur organisation.

Nos invités : 

Renaud Piarroux : chef de service à la Pitié Salpêtrière (APHP), spécialiste des épidémies, chercheur à l'Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique rattaché à l’INSERM. Producteur de la saison 1 du podcast “Mécanique des épidémies” sur le choléra en Haïti dans les années 2010. Auteur de  “La vague. L'épidémie vue du terrain” (CNRS Editions, 2020).

Patrick Zylberman : professeur émérite d'histoire de la santé à l'Ecole des hautes études en santé publique. 

Les causes anthropiques des épidémies

"Il y a une grande parenté entre le travail de l'historien et celui de l'épidémiologiste", s'amuse en introduction Sylvain Zylberman. Ce qui a changé depuis la fin des années 1980, c'est la théorie des virus émergents. "L'homme a tout d'un coup une importance extraordinaire : il est l'ingénieur de la circulation microbienne selon les mots d'un épidémiologiste américain. On quitte la théorie pasteurienne selon laquelle l'homme n'est que l'hôte impuissant des maladies. L'homme a une action sur la vie des virus et des bactéries".

Pour comprendre la cause anthropique des épidémies, Renaud Piarroux revient sur le virus du SIDA et sur sa transmission à l'homme. "Le virus vient du singe. Le passage à l'homme est aussi favorisé par certains comportements humains : la naissance des villes dans le cadre de la colonisation, la prostitution, l'usage périlleux d'injections à répétition pour traiter la syphilis…"

L'origine du Covid

"Concernant le Covid, la piste du pangolin peut être éliminée", assure Renaud Piarroux. Le marché de Wuhan est aussi une piste à abandonner estime-t-il. "Ce qui est dérangeant, c'est que la recherche ne parvient pas à mettre le doigt sur le chaînon manquant entre les chauve-souris et l'homme". L'épidémiologiste est un enquêteur ajoute-t-il.