Soldats américains prêts à être envoyés en Roumanie pour renforcer la dissuasion et la posture défensive sur le flanc oriental de l'OTAN
Soldats américains prêts à être envoyés en Roumanie pour renforcer la dissuasion et la posture défensive sur le flanc oriental de l'OTAN ©AFP - GERTRUD ZACH
Soldats américains prêts à être envoyés en Roumanie pour renforcer la dissuasion et la posture défensive sur le flanc oriental de l'OTAN ©AFP - GERTRUD ZACH
Soldats américains prêts à être envoyés en Roumanie pour renforcer la dissuasion et la posture défensive sur le flanc oriental de l'OTAN ©AFP - GERTRUD ZACH
Publicité

La crise ukrainienne capte l’attention à travers le monde. Mais s’en saisir et la replacer dans un contexte large est un exercice compliqué. Deux spécialistes nous éclairent.

Avec
  • Frédéric Charillon professeur de science politique
  • Alexandra Goujon Maîtresse de conférences à l’Université de Bourgogne, enseignante à Sciences Po Paris et spécialiste de l’Ukraine et de la Biélorussie

À l’est de l’Ukraine, la reprise de combats intenses et la présence de nombreuses troupes russes aux frontières font craindre une invasion imminente du pays. On ne sait pas à cette heure si Poutine utilise cette menace pour obtenir des garanties de sécurité de l’OTAN ou s’il faut s’attendre à une véritable guerre.

Face à ce risque, des blocs se constituent à nouveau. L’Europe, les États-Unis et la Russie montrent leurs muscles et se menacent en affirmant ne pas souhaiter de conflit. Assiste-t-on au retour d’une forme de Guerre froide ? La logique de camps est-elle la même qu’au siècle dernier ? Les ambitions russes sont-elles les mêmes qu’il y a vingt ans ? Quelle est la position de la Chine ?

Publicité

La crise ukrainienne capte l’attention à travers le monde. Mais s’en saisir et la replacer dans un contexte globale est un exercice compliqué. Deux spécialistes nous éclairent.

Guillaume Erner s'entretient avec Frédéric Charillon, spécialiste de géopolitique et Alexandra Goujon, spécialiste de l’Ukraine, tâchent de nous éclairer sur une crise qui a tant à voir avec les dynamiques d’un conflit régional et localisé qu’avec une tectonique des plaques dans les relations internationales.

Le sommet Biden-Poutine

Vladimir Poutine et Joe Biden ont accepté de se rencontrer lors d'un sommet proposé par Emmanuel Macron, à condition que l’invasion de l’Ukraine n’ait pas lieu avant la rencontre. Que pourrait changer ce sommet ?

On voit que la diplomatie continue d’être active quand bien même sur le terrain il y a une intensification de tirs depuis 4 jours au niveau de la ligne de contact entre le territoire séparatiste et les territoires contrôlés par l’armée ukrainienne. On voit aussi des médias russes qui ne cessent d’accuser les autorités ukrainiennes. Alexandra Goujon

C’est un grand changement par rapport à quelques années plus tôt, quand la Russie envahissait la Géorgie et que Barack Obama qualifiait la Russie de puissance régionale. La président américain annonce qu’il est prêt à rencontrer Vladimir Poutine, il y a la reconnaissance du statut de la Russie. C’est d’ailleurs peut-être ce que souhaite Poutine. Il a bien-sûr le dossier Ukraine, mais il y a aussi le grand jeu global. Frédéric Charillon

La reconnaissance de la Russie à l’échelle internationale

Le terme de "seconde Guerre froide" semble-t-il approprié pour décrire les tensions entre la Chine et les États-Unis ?

A plusieurs égards, non. La Guerre froide fait référence à une époque qui était très cloisonnée et où il y avait deux systèmes politiques qui échangeaient très peu. Il y a cependant des points communs. Aujourd’hui entre la Chine et les États-unis une guerre idéologique est assumée. La Chine assume ne pas souscrire à la démocratie telle qu’on l’entend en Occident. Les États-unis ne souscrivent pas au modèle autoritaire chinois. Mais on est dans un contexte où tout le monde se parle et échange. Je crois que cette bipolarité annoncée, ou en tout cas une polarisation des relations internationales sur les États-Unis et la Chine, ne plaisait pas à l'évidence à Monsieur Poutine. Il a réussi à revenir dans le jeu en utilisant tous les instruments possibles, en employant la force, mais aussi les médias et l’information. Frédéric Charillon

Est-ce un moment opportun pour peser à l’échelle internationale ?

Il y a une volonté de puissance régionale de la Russie en Europe, mais aussi internationale. Je pense que l’arrivée de Biden au pouvoir a sans doute changé la donne côté russe. Une tradition démocrate non-interventionniste et le retrait américain d’Afghanistan ont manifestement donné des éléments aux Russes pour se dire qu’il y avait une faiblesse de ce côté là.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation
Caroline Payen
Stagiaire
Delphine Lerner
Stagiaire