Des manifestantes face à des soldats pendant une manifestation au 7ème jour de contestation dans la capitale libainaise, le 23 octobre 2019.
Des manifestantes face à des soldats pendant une manifestation au 7ème jour de contestation dans la capitale libainaise, le 23 octobre 2019. ©AFP - JOSEPH EID
Des manifestantes face à des soldats pendant une manifestation au 7ème jour de contestation dans la capitale libainaise, le 23 octobre 2019. ©AFP - JOSEPH EID
Des manifestantes face à des soldats pendant une manifestation au 7ème jour de contestation dans la capitale libainaise, le 23 octobre 2019. ©AFP - JOSEPH EID
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L'émergence de nombreux mouvements de contestation populaire dans différents pays frappe par sa spontanéité. Au-delà des singularités nationales, comment expliquer cette montée des colères ?

Avec
  • Ishac Diwan Professeur à la Chaire socio-économie du Monde Arabe à Paris Sciences et Lettres.
  • Olivier Dabène Politologue.

Santiago, la capitale chilienne, est en proie à des manifestations réprimées avec violence depuis maintenant une semaine. Leur élément déclencheur : la montée du prix du ticket de métro. Mais cette contestation est en réalité la manifestation d'une exaspération qui dépasse cette simple question. Sur les murs de la ville a été inscrit par des manifestants : "Ce n'est pas à cause de 30 pesos, mais à cause des 30 dernières années", référence à la montée des inégalités galopante ces dernières décennies au Chili.

Chili, Liban ou encore l'Équateur : on ne finit plus de lister les foyers où grondent des contestations sociales ces dernières semaines. Si chacun de ces mouvements s'inscrit dans problématiques nationales, des motifs communs semblent se dessiner. Souvent affranchis de la tutelle d'organisations traditionnelles comme les partis, ces contestations s'organisent selon des modes d'action alternatifs, décentralisés, et laissent une large place à la jeunesse.

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Ces mouvements sont-ils le signe d'une colère qui dépasse les frontières nationales ? Peut-on identifier des causes structurelles expliquant l'émergence de ces différentes contestations au même moment ?

Pour en parler, nous recevons Ishac Diwan, professeur à la Chaire socio-économie du Monde Arabe à Paris Sciences et Lettres, auteur de “Crony capitalism in the middle East” (Oxford university, 2019), et Olivier Dabène, professeur à Sciences Po, président de l’Observatoire de l’Amérique Latine et des Caraïbes.

La révolution libanaise, c'est la découverte d'une nouvelle identité nationale basée su les individus, qui rejettent le système (...). C'est la première fois que ce changement complet de narratif, de représentation communautaire, bascule.  Ishac Diwan

"Les possibilités libanaises sont énormes, c'est la différence entre le réel et le potentiel qui crée la colère. Le coupable pour les libanais est la corruption du système : les chefs politiques qui profitent des rouages de l'Etat et le secteur privé, qui monopolise les crédits. Ces clivages ont beaucoup augmenté avec la crise syrienne. Ishac Diwan

"Au Chili, depuis 30 ans, aucun chef d'Etat n'a véritablement le modèle néo-libéral. Les manifestants demandent le changement de la classe politique et une redistribution économique." Olivier Dabène

"La démocratie a trouvé en héritage de la dictature un taux de pauvreté élevé.  Le niveau de pauvreté a baissé, mais pas le niveau d'inégalités". Olivier Dabène

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