Eglise de Saint Sulpice à Paris (2020)
Eglise de Saint Sulpice à Paris (2020)
Eglise de Saint Sulpice à Paris (2020) ©AFP - Alain Jocard
Eglise de Saint Sulpice à Paris (2020) ©AFP - Alain Jocard
Eglise de Saint Sulpice à Paris (2020) ©AFP - Alain Jocard
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Résumé

Du 22 au 24 février, les évêques de France se réunissent en assemblée plénière extraordinaire. L'ordre du jour : la dimension théologique et pastorale de la responsabilité de l’Église face aux agressions sexuelles.

avec :

Isabelle de Gaulmyn (Journaliste, rédactrice en chef du quotidien La Croix), Céline Béraud (sociologue, directrice d’études à l’EHESS).

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Ce lundi, la Conférence des évêques se réunit pour étudier la reconnaissance d'abus sexuels par l’Eglise, alors que la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), qui a enregistré près de 6 500 témoignages, n'a pas encore rendu ses conclusions. L’institution a-t-elle fait son examen de conscience ? Faut-il y voir la fin de l’omerta, qui régnait jusqu'alors ? 

Une prise de conscience du scandale et de ses effets dans l'Eglise catholique

A partir du milieu des années 2010, on assiste à une montée en puissance du scandale, notamment autour de l'affaire Preynat dans le diocèse de Lyon, qui va provoquer progressivement une prise de conscience des évêques qui devient assez évidente à l'automne 2018, lors de leur assemblée d'automne où, pour la première fois, les évêques de France reçoivent des victimes. A ce moment, une commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église est créée. Céline Béraud

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La commission a été confiée à Jean-Marc Sauvé, un homme reconnu pour son autorité et pour son indépendance. C'est un ancien haut fonctionnaire, ancien conseiller d'État. Il a réuni toute une équipe autour de lui, notamment des chercheurs. Une trentaine de diocèses ont été investigué, 1600 témoignages ont été recueillis et 70 entretiens approfondis ont été réalisés. La commission Sauvé aurait dû rendre ses conclusions et ses préconisations, mais le covid a ralenti les choses. Le rapport sera rendu aux évêques à l'automne. Céline Béraud

Aujourd'hui, une assemblée extraordinaire des évêques s'ouvre. Les évêques ont l'habitude de deux assemblées dans l'année, une au printemps et une à l'automne. Ils ont choisi de dédier un temps extraordinaire à la question. Céline Béraud

La Cour de cassation pourrait reconnaître une responsabilité civile du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles 

Cela va beaucoup changer pour les victimes. C'est une forme de reconnaissance officielle et une culpabilité de l'institution, représentée par monseigneur Barbarin. Petit à petit, l'Eglise a été amenée à s'ouvrir à la société. Au début de l'affaire Preynat / Barbarin, les évêques pensaient que c'était leur affaire, que c'était à eux de régler ça. Ils se sont rendu compte qu'en fait qu'ils ne pouvait pas régler ça. Ça ne pouvait venir que de l'extérieur. Isabelle de Gaulmyn

Le cardinal Barbarin s'est mis lui-même d'une certaine façon en danger. Il a été un des pourfendeurs les plus actifs du mariage pour tous. Il a endossé ce combat comme un combat moral contre le relativisme et pour les droits de l'enfant. Lorsqu'une forme de contre-exemplarité apparaît, il y a forcément un discrédit. La question de la disqualification d'une forme de discours moral de l'Église catholique se pose. Ce catholicisme conservateur auquel appartient Philippe Barbarin est construit sur le respect de la norme et notamment la norme sexuelle, tant pour les clercs, avec un attachement très fort au célibat sacerdotal mais aussi de la sexualité des catholiques qui est censée se dérouler uniquement dans le mariage hétérosexuel. Isabelle de Gaulmyn

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation