Paysage de désolation dans une forêt de pins entièrement calcinée en Gironde, vendredi 12 août 2022.
Paysage de désolation dans une forêt de pins entièrement calcinée en Gironde, vendredi 12 août 2022. ©Maxppp - ARNAUD DUMONTIER
Paysage de désolation dans une forêt de pins entièrement calcinée en Gironde, vendredi 12 août 2022. ©Maxppp - ARNAUD DUMONTIER
Paysage de désolation dans une forêt de pins entièrement calcinée en Gironde, vendredi 12 août 2022. ©Maxppp - ARNAUD DUMONTIER
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Allier critique de la société de consommation et appel à la résistance climatique : c’est le pari réussi de "Et la forêt brûlera sous nos pas". Tout part littéralement en fumée dans un monde où les Hommes, tétanisés, ne savent plus s’entraider.

Guillaume Erner reçoit Jens Liljestrand, journaliste et écrivain suédois, auteur de "Et la forêt brûlera sous nos pas" (Editions Autrement,2022).

Le grand roman du dérèglement climatique ?

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Pour Jens Liljestrand, "la nature peut être particulièrement cruelle, mais ce n’est pas le point le plus important de mon roman. Il ne s’agit pas de savoir ce que la nature va nous faire, mais ce que nous allons faire entre nous." Rappelant les mégafeux de 2018 en Suède, l'écrivain cherche dans son dernier roman-fiction à montrer les difficultés auxquelles son propre pays, la Suède, est confronté : "nous pensons être une société très organisée, qui sait s’adapter, mais, quand il y a des crises, nous sommes sans pouvoir." L'auteur de  Et la forêt brûlera sous nos pas (Editions Autrement, 2022) insiste sur les enjeux auxquels chacun de nous fait face ou s’apprête à faire face : "nous pouvons tous devenirs des réfugiés climatiques d’une façon ou d’une autre, parce que la vie est plus dure sur Terre. Nous ne verrons plus de récifs coralliens, nous ne pourrons plus faire de ski, par conséquent, nous aurons des contraintes, qui pourraient être mineures, mais aussi d’ordre vital."

Une prise de conscience qui peine à se concrétiser

Le journaliste suédois exprime son incompréhension, voire sa détresse dans un monde qui ne bouge pas ou si peu : "il y a une prise de conscience mais nous sommes incapables de nous adapter, en tous cas, de nous adapter rapidement. Nous préférons continuer avec le style de vie que nous avons habituellement." Pourtant, Jens Liljestrand souligne que
"nous n’avons qu’une planète et qu’une seule vie. Que faire de cette vie ? Soit on la mène selon ses désirs et ses impulsions, ou alors on fait des sacrifices, parfois importants, au nom de la planète en espérant que cela entraînera une conséquence positive dans 50 ou 100 ans. C’est là que réside le dilemme et c’est un choix qui est particulièrement difficile" pour l’Homme.

"On pourrait penser que l’ampleur de la crise justifierait qu’on lâche tout et qu’on se focalise sur la crise mais rien ne change, on continue à vivre comme d’habitude, rien ne s’arrête, même si tout est bouleversé" dénonce l'écrivain d'un ton désabusé.

Ce que peut la littérature face à la crise climatique

Ce roman porte sur "la complexité de la catastrophe climatique et sur la complexité des sentiments. Chacun de (mes) personnages représente une mentalité, une posture, une position. Et je suis traversé par tous les sentiments que connaissent les personnages" résume l'écrivain.

L'auteur de  Et la forêt brûlera sous nos pas (Editions Autrement, 2022) insiste néanmoins sur le fait que son roman n'a pas de "vertu pédagogique". Pour ce dernier, la littérature a un pouvoir différent de ses objectifs : "la littérature n’a pas de solution à apporter au changement climatique, en revanche, elle peut permettre de comprendre ce qu’il se passe en nous. Cela peut nous aider à nous comprendre nous-mêmes, à comprendre nos réactions particulièrement complètes face à cette crise énorme."

Traduction assurée par Xavier Combe, interprète.