Eglise et pédophilie : pardon ou démission ?

Le pape François
Le pape François ©AFP - Gregorio Borgia
Le pape François ©AFP - Gregorio Borgia
Le pape François ©AFP - Gregorio Borgia
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Alors que le pape François s’est rendu ce week-end en Irlande pour exprimer sa « honte » et « demander pardon » aux victimes de crimes pédophiles perpétrés par le clergé, le souverain pontife fait face à de lourdes accusations.

Avec
  • Pierre Vignon prêtre du diocèse de Valence, juge canonique
  • Isabelle de Gaulmyn Journaliste, rédactrice en chef du quotidien La Croix

Dans une lettre de onze pages publiée dimanche, l'archevêque Carlo Maria Vigano accuse le pape François d’avoir couvert le cardinal américain Theodore McCarrick, accusé d’abus sexuels sur des mineurs. L'archevêque Carlo Maria Viganò demande au pape François de «reconnaître ses erreurs» et l’appelle à «démissionner» pour «donner le bon exemple ».

Après les scandales de pédophilie aux Etats Unis et au Chili, ces allégations fragilisent encore plus la crédibilité du pape, qui réaffirmait la semaine dernière dans une « lettre au peuple de Dieu » son engagement « pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables». 

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Et c’est en réponse à cette lettre qu’un prêtre français a lancé mercredi une pétition réclamant cette fois-ci la démission du cardinal Barbarin, et qui a recueilli plus de 95 000 signatures en une semaine. 

Nous accueillons en duplex depuis Valence son auteur, Pierre Vignon, prêtre du diocèse de Valence et juge canonique.

En tant que prêtre j’ai la nausée de toutes ces affaires qui remontent. Il faut faire le ménage, il faut que ça change... Maintenant n’importe quel prêtre est regardé de travers. 

-Rejoint en deuxième partie d’émission par 

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, ancienne correspondante au Vatican et notamment l’auteure de Histoire d'un silence et de François, un pape pour tous publiés aux éditions du Seuil. 

On est dans un système très clérical, un système qui s’autoprotège et qui fait sa propre justice. Il ne fallait surtout pas qu’il y ait un scandale. Le pire c’était le scandale.

Le cardinal Barbarin a invoqué le pardon. Certes il y a le pardon mais il y aussi la justice, la justice civile, la justice de l’État. Longtemps l’Église a considéré qu’elle avait sa propre justice. 

Les laïcs n’ont aucun moyen d’occuper des places importantes au sein de la hiérarchie de l’Église. Il y a une seule forme de pouvoir : le pouvoir des prêtres, et ces derniers se protègent entre eux.

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