.
.
. ©AFP - Valentine CHAPUIS
. ©AFP - Valentine CHAPUIS
. ©AFP - Valentine CHAPUIS
Publicité
Résumé

Emmanuel Macron a été réélu ce 24 avril, au terme d’un second tour plus serré qu’en 2017, qui l’avait déjà opposé à Marine Le Pen. Et l’abstention progresse encore.

En savoir plus

Avec 58,54 % des voix, Emmanuel Macron est réélu. Mais le nombre de voix se portant vers l’extrême droite au second tour d’une élection présidentielle bondit encore par rapport à 2017, avec 41,46% pour Marine Le Pen. L’abstention s'élève à 28%.

Pour en parler dans les Matins, Martial Foucault, professeur à Sciences Po, directeur du Cevipof, auteur des Origines du populisme (Seuil, 2019), et Anne Muxel, sociologue et politisite, directrice de recherche au Cevipof, co-auteure de Les Français sur le fil de l'engagement, avec Adelaïde Zulfikarpasic (2022, L'Aube).

Publicité

"On a pu dire que l'élection de 2022, était non pas une élection où les électeurs allaient se prononcer pour un projet, mais allaient avant tout exprimer un rejet, souligne Martial Foucault. Effectivement, c'est comme ça qu'on doit lire le score de la participation, des votes blancs". Comment interpréter les résultats de cette élection ? Comment Emmanuel Macron peut-il aborder ce second quinquennat ? Quelles sont les forces d'opposition aujourd'hui et comment vont-elles s'exprimer ?

À lire aussi : Emmanuel Macron largement réélu face à Marine Le Pen mais sous pression et avec une abstention record

La montée de l'extrême droite

Marine Le Pen, candidate pour la troisième fois à l'élection présidentielle, s'est inclinée au second tour, mais à un niveau élevé et inégalé pour son parti, lequel devrait rester une force dominante de l'opposition à Emmanuel Macron. La candidate du Rassemblement national, qui a voulu se défaire du stigmate de l’appellation de "parti d'extrême droite", a réuni environ 8 points de plus et 4 millions de voix supplémentaires qu'en 2017. Pour Anne Muxel, ce vote entérine une fracture de la société française :

"On voit bien qu'il y a là une augmentation qui correspond à l'implantation, maintenant très solide, de cette force politique protestataire, d'extrême droite, nationale, populiste, de recentrage national… Bref, là, il faudrait décliner toutes les appellations avec lesquelles nous pourrions la qualifier. Cela représente une force d'opposition, qui traduit ce clivage de la société de la société française. (…) Cette élection ne le révèle pas, mais l'entérine." Anne Muxel

"Il y a un vrai décalage entre ce que Marine Le Pen indique, défend et propose dans l'espace public, et ce que les électeurs ou les plus fidèles soutiens du Rassemblement national n'ont aucune difficulté à considérer, à savoir qu'il y a des différences entre les Français. Si je reprends les propos de l'historien Nicolas Lebourg, c'est un parti qui est avant tout caractérisé par une forme d'autophilie, c'est-à-dire qu'il y a le 'eux' contre le 'nous'". Martial Foucault

À lire aussi : Âge, vote au premier tour, profession... qui a voté quoi au second tour de la présidentielle ?

Vers un troisième tour ?

Dès l'annonce des résultats, des électeurs n'ayant voté ni pour Emmanuel Macron ni pour Marine Le Pen, ou ayant voté l'un des candidats afin de faire barrage à l'autre, ont commencé à évoquer la suite et notamment, les élections législatives. L'opposition semble se mobiliser sans délai. Emmanuel Macron sera-t-il prêt à mettre en place un "gouvernement d'ouverture" ?

"Il y a un deuxième commentaire qui m'a beaucoup surpris, hier, en début de soirée électorale. A démarré, immédiatement la campagne pour les élections législatives, sans réflexion sur ce qui venait de se produire. Comme si le Rassemblement national était totalement normalisé dans la vie politique et que ce n'était plus un sujet. Maintenant, la question est de savoir si les Français veulent une cohabitation - je pense qu'on en reparlera, mais ça me semble prématuré. Par ailleurs, Emmanuel Macron, qui a fait un discours très court (ça ne lui ressemble pas), n'a pas esquissé les éléments importants de ce prochain quinquennat. (…) Depuis 2002, la campagne législative est un peu plus longue, de deux semaines par rapport aux scrutins précédents. Les Français auront l'occasion de découvrir avec plus de plus de détails le programme réel du président de la République." Martial Foucault

À lire aussi : Élection présidentielle : quels enjeux après les résultats du second tour ?

À lire aussi : Emmanuel Macron retourne à l'Élysée : "nouvelle ère" ou continuité ?

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation