Lors du second tour des dernières élections municipales dans le 5e arrondissement de Paris le 28 juin 2020.
Lors du second tour des dernières élections municipales dans le 5e arrondissement de Paris le 28 juin 2020. ©AFP - Christophe ARCHAMBAULT
Lors du second tour des dernières élections municipales dans le 5e arrondissement de Paris le 28 juin 2020. ©AFP - Christophe ARCHAMBAULT
Lors du second tour des dernières élections municipales dans le 5e arrondissement de Paris le 28 juin 2020. ©AFP - Christophe ARCHAMBAULT
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Des solutions concrètes pour revigorer la démocratie, Julia Cagé n’en manque pas. Professeure d’Economie à Sciences-Po Paris, elle vient nous les présenter à l’occasion de la sortie de son dernier essai "Libres et égaux en Voix", publié aux éditions Fayard.

Avec
  • Julia Cagé Économiste, spécialiste de l’économie des médias

Abstention record aux dernières élections municipales, colère des Gilets jaunes, défiance envers les médias pendant la crise du Covid…à première vue, les indicateurs de la vitalité démocratique de notre pays ne sont pas au beau fixe. Et pourtant, la demande pour plus de participation et de représentation ressort de toutes les enquêtes. 

Comment redonner aux citoyens les moyens d’agir ? Quelles solutions concrètes apporter au déficit démocratique ? Comment faire entendre sa voix au niveau des partis politiques, mais également des médias ? 

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Pour en parler, nous sommes ce matin en compagnie de Julia Cagé, professeure d’Economie à Sciences-Po Paris. Son dernier essai Libres et égaux en voix, sort cette semaine en librairie aux éditions Fayard. 

"La bonne nouvelle, c'est qu'on n'est pas en train de refaire en France l'erreur qu'on a faite au lendemain de la crise financière en 2007-2008. Au lendemain de la crise financière, il y a un peu plus de dix ans maintenant, les Etats-Unis ont fait de la relance très fortement. De fait, ils s'en sont sorti beaucoup plus rapidement que les autres pays d'une récession qu'ils avaient créée eux-mêmes, là où l'Union européenne avait choisi l'austérité, le respect des règles budgétaires, je pense qu'on a appris de ces erreurs là. Cette crise économique aujourd'hui, elle n'est pas due à des problèmes de fondamentaux économiques. Elle est due à la crise sanitaire et à l'arrêt de l'économie. Donc, on voit bien que la seule solution aujourd'hui pour sortir par le haut de cette crise sanitaire, c'est d'investir massivement les acteurs à même de faire cet investissement, de faire cette relance, de soutenir les ménages et des entreprises. Il ne faut pas s'inquiéter aujourd'hui sur le déficit. Il faut s'inquiéter aujourd'hui sur l'état de l'économie. "

Il faut que nous reconstruisons ensemble la délibération politique. Le problème, c'est que on a refusé au cours des dernières années, de donner une chance, d'abord aux classes populaires, ensuite, en partie aux femmes, enfin, aux minorités d'entrer dans le jeu politique. Ce que je dis dans le livre, ce sont des propositions très concrètes pour permettre à chacun de participer à la vie politique. Le bouquin commence sur une phrase c'est la démocratie n'existe pas. Elle reste à inventer. J'ai voulu protester contre cette vision de la société qu'on voudrait nous imposer selon laquelle les citoyens auraient aujourd'hui renoncé à l'idée de démocratie qu'ils seraient en faveur d'une démocratie libérale ou qu'ils seraient en faveur d'une démocrature, je ne pense pas que cela soit le cas. Ce n'est pas ce que j'entends avec des mouvements de protestation comme ceux des Gilets jaunes. Moi, ce que j'entends et ce que je vois, c'est une demande de davantage de démocratie.

"Mais quelle violence ! Quelle violence faite aux femmes aujourd'hui ? De ne pas avoir de femmes qui les représentent, c'est-à-dire que vous avez la moitié de la société qui est absente de la représentation politique.  Je pense que c'est exactement le même problème qui se pose pour les catégories populaires et c'est exactement le même problème qui se pose pour les minorités. Et si vous ne vous sentez pas représentés d'un point de vue visible, alors il va y avoir un déficit de confiance."

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