Commerçant préparant l'après confinement
Commerçant préparant l'après confinement
Commerçant préparant l'après confinement  ©AFP - GEORGES GOBET
Commerçant préparant l'après confinement ©AFP - GEORGES GOBET
Commerçant préparant l'après confinement ©AFP - GEORGES GOBET
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Résumé

Alors que nos voisins européens amorcent leur sortie de confinement, la France s’organise à son tour. Si les règles de distanciation restent les mêmes partout, les modalités diffèrent. A quoi ressemblera la France d’après le 11 mai ?

avec :

Jacques Lévy (Géographe, directeur de la chaire “intelligence spatiale” de l’université Polytechnique Hauts-de-France), Anne-Claude Crémieux (Infectiologue).

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Édouard Philippe a rendu publiques les dernières modalités de sortie de confinement, très attendues par la population. Après un arrêt quasi total depuis le 17 mars, la France se prépare à une remise en marche, progressive. Le pays apparaît divisé en plusieurs zones, où le virus circule encore plus ou moins intensément. Que révèle cette cartographie ? Comment faire pour que l’épidémie ne reparte pas de nouveau après le déconfinement ? Quelles sont les modalités de sortie de confinement ? 

Avec :

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Jacques Lévy, géographe, membre du rhizome de recherches “Choros”

Ainsi qu’Anne-Claude Crémieux, professeur en maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis à Paris et auteure de “Gouverner l'imprévisible. Pandémie grippale, SRAS, crises sanitaires” (ed. Lavoisier)

Un virus créant de nouvelles échelles 

"La carte mise en place est celle qui existait déjà avant le confinement. On aurait sans doute eu une carte très différente si il n’y avait pas eu de confinement. Elle serait beaucoup plus homogène."

Cet événement mondial total ne se réduit pas uniquement au fait biologique. Le confinement a inventé des échelles qui sont totalement nouvelles. Après l’échelle du logement, il y a eu celle des 1km. Désormais, nous passons à l’échelle des 100km. Donc, on innove à de nouvelles échelles. Et on crée de nouveaux espaces de vie. Jacques Lévy

Va-t-on assister à une modification durable du territoire ? 

"Ce qu’on a vu c’est que la télécommunication n’a pas détruit le système productif et la vie sociale. Ça va probablement marquer un nouveau début. Mais il ne faut pas croire que la croissance du télétravail va provoquer la désertion des villes."

L’exode urbain est un mouvement qui a commencé depuis le début du XXe siècle aux États-Unis. Ils ont créé la Suburbia, un mélange entre la banlieue et le périurbain. Et ça a permis de continuer de profiter des avantages de la ville tout en s’éloignant d’elle. Jacques Lévy

Un déconfinement sous le signe de la prudence 

Je pense que la réussite du déconfinement dépend des mesures annoncées. Elle dépend du respect des mesures barrières de distanciation sociale. En ce sens, cela est du ressort  des individus. Et le second point est d’essayer de continuer à rompre les chaînes de contamination. C'est là le travail du personnel de santé. Anne-Claude Crémieux

"Ce qu’on a appris avec ce virus c'est qu’il est capable d'infecter de manière asymptomatique. Si on veut éviter la circulation du virus entre les personnes, la seule manière d’être réellement efficace est de porter un masque."

Puisqu’on ne peut pas dépister tout le monde, il faut partir des personnes diagnostiquées comme malades et essayer de retrouver à partir de celles-ci la chaîne de contamination. C’est la seule façon de retrouver les personnes infectées asymptomatiques. Anne-Claude Crémieux

"On a vu pendant le confinement qu'il y a une contamination familiale très importante. Et la seule façon d’enrayer cette contamination familiale est d'offrir un autre mode d’hébergement pour ces personnes. Dans les pays où ça a été mis en évidence, ça a permis de casser la dernière chaîne de contamination. C’est devenu maintenant indispensable."

Un virus qui déjoue les avancées médicales ? 

Pour l’instant, aucun antiviral utilisé n’a eu un effet spectaculaire. Le traitement seul des patients ne fera pas la différence pour limiter l’épidémie. Anne-Claude Crémieux

"En médecine, nous nous étions habitués à l’idée qu’avoir 65 ans c’est jeune. Et à cet âge, le virus peut donner des formes sévères à des personnes considérées comme relativement jeunes pour la médecine. Les profils génétiques des personnes ayant eu des formes graves n'ont pas une réponse immunitaire au virus qui permet de contrôler sa multiplication sans s’attaquer de façon délétère au système respiratoire."

Nous sommes actuellement dans une incertitude qui se porte également sur la qualité des tests sérologiques. Anne-Claude Crémieux

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Aurélien Dubost
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Maïwenn Guiziou
Collaboration
David Jacubowiez
Réalisation