Une femme et un enfant réfugiés d'Ukraine à la frontière de Kroscienko, en Pologne (03.03.22)
Une femme et un enfant réfugiés d'Ukraine à la frontière de Kroscienko, en Pologne (03.03.22) ©AFP - WOJTEK RADWANSKI
Une femme et un enfant réfugiés d'Ukraine à la frontière de Kroscienko, en Pologne (03.03.22) ©AFP - WOJTEK RADWANSKI
Une femme et un enfant réfugiés d'Ukraine à la frontière de Kroscienko, en Pologne (03.03.22) ©AFP - WOJTEK RADWANSKI
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Nous parlons ce matin de la Moldavie et la Pologne, directement impactées par l’invasion de leur voisin ukrainien. Ils doivent accueillir ses exilés, toujours plus nombreux au fil de l’invasion russe.

Avec
  • Paul Gradvohl Historien, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la Hongrie
  • Florent Parmentier Secrétaire général du CEVIPOF/ Sciences Po, chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC.

La Pologne, assurée du soutien de l'OTAN, est une tête de pont du monde occidental. La Moldavie de son côté craint d’être la suivante sur la liste si la Russie conquiert l’Ukraine. Deux chercheurs spécialistes respectivement de la Moldavie et de l’Europe centrale décryptent les conséquences dans leur pays de l’invasion russe en Ukraine.

Guillaume Erner reçoit l'historien Paul Gradvohl et le secrétaire général du CEVIPOF/Sciences Po, Florent Parmentier.

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Nos invités :

  • Paul Gradvohl : Historien, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’Europe centrale.
  • Florent Parmentier : Secrétaire général du CEVIPOF/ Sciences Po, chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Co-auteur “La Moldavie à la croisée des mondes” (Editions Non Lieu, 2019).

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Le défi de l’afflux de réfugiés ukrainiens

La société polonaise accueille plus d’un million de réfugiés arrivés en moins de deux semaines. Pour Paul Gradvohl, "quand on sait les problèmes que posent à la France le fait de recevoir quelques dizaines de milliers de personnes sur plus d’une année, on peut imaginer ce que ça veut dire pour la Pologne. Toute personne polonaise est concernée".

Pour la Moldavie, les chiffres et les proportions sont encore plus élevés. "La Moldavie est un État de taille modeste comparée à la Pologne", rappelle Florent Parmentier, "d’abord en terme de population avec 2,8 millions d’habitants, et en terme économique puisque le PIB nominal moldave est le quart de celui de la Pologne. 100 000 réfugiés se trouvent en Moldavie, ce qui représente 3 à 4% de la population".

L'inquiétude de la Moldavie et de la Pologne

Le cas de la Moldavie est différent de celui de l’Ukraine mais ne peut pas s’en extraire explique Florent Parmentier. Les situations divergent sur deux points. "L’article 11 de la Constitution moldave prévoit la neutralité de la Moldavie relativement à l’intégration d’une alliance comme l’OTAN et prévoit également le départ des troupes étrangères présentes sur le sol moldave, et notamment des forces russes. Il faut comprendre aussi que la Transnistrie n’a pas été reconnue comme un État indépendant, ni par la Douma, ni par le Président russe". En revanche, le motif d’inquiétude extrêmement réel et présent de la Moldavie concerne le sort d’Odessa. "La Transnistrie comme la Moldavie sont dans l’arrière pays de ce grand port de la mer Noire par lequel transitait le blé vers le Moyen-Orient notamment".

Pour Paul Gradvohl, la Pologne constate que ce qui arrive à l’Ukraine s’est produit en Pologne en 1939. "L’Ukraine est confrontée à des attaquants qui n’ont pas déclaré la guerre. Nous sommes dans une situation de mensonges juridiques peu dénoncés. Les Polonais ont très naturellement peur que 1939 se reproduise d’une façon ou d’une autre". En outre, le spécialiste rappelle que "des attaques cybernétiques russes la semaine dernière ont fait croire à la population polonaise qu’il n’y avait plus d’argent ni d’essence, provoquant des queues massives. Des éléments d’infiltration russe jouent aujourd’hui pour tester la résistance et les possibilités de manœuvre".

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