Bertrand Tavernier au Festival international du film policier à Beaune en 2009 ©AFP - PHILIPPE MERLE
Bertrand Tavernier au Festival international du film policier à Beaune en 2009 ©AFP - PHILIPPE MERLE
Bertrand Tavernier au Festival international du film policier à Beaune en 2009 ©AFP - PHILIPPE MERLE
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Résumé

Retour sur l'œuvre du grand cinéaste, qui s'est éteint ce 25 mars à l'âge de 79 ans.

avec :

Antoine Guillot (journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture), François Angelier (Producteur de l’émission "Mauvais Genres" sur France Culture, spécialiste de littérature populaire).

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Le cinéaste cinéphile Bertrand Tavernier est décédé hier à l’âge de 79 ans. Auteur d'une trentaine de films, une œuvre éclectique et populaire, il découvre le 7è art très jeune. Documentaires, polar, films en costume… il en explorera tous les genres. 

Avec Antoine Guillot, journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture et François Angelier, producteur de l’émission "Mauvais Genres" sur France Culture, spécialiste de littérature populaire.

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Le comédien et écrivain Philippe Torreton témoigne également de son amitié pour Bertrand Tavernier, avec lequel il a collaboré pour "Capitaine Conan" (1996) et "Ça commence aujourd'hui" (1999) entre autres films. 

Un cinéaste engagé pour la société

C’était un cinéaste engagé, pas militant, mais engagé. Dans le documentaire « La Guerre sans nom » il est l’un des premiers à faire parler des soldats de la guerre d’Algérie. Ses films sont des actes engagés à gauche. Antoine Guillot

Il avait fait un constat d’insatisfaction de la société telle qu’elle était. On n’a jamais parlé de politique ensemble, mais des conditions de vie de certaines catégories de la population, de l’émigration et de la police avec les conditions de travail des policiers, ceux qui sont en première ligne. Philippe Torreton

Dans « Ça commence aujourd’hui » mon personnage symbolisait cette partie de la France en bas des classes sociales et qui n’avait pas les moyens de s’en défaire. Philippe Torreton

"Une joie studieuse de faire du cinéma"

Je pleure cet homme avec qui j’ai passé une dizaine d’années de ma vie, il m’a fait vivre et découvrir tellement de choses. Je lui doit énormément. Je fais le deuil de la  joie studieuse qu'il y avait de faire du cinéma avec lui. Philippe Torreton

Il mettait un soin fou au scénario mais le tournage remettait en question l’écriture. On improvisait des fins de scène, on prenait des accessoires. Pour lui la grande qualité d’un acteur, c’était le jeu qu’il pouvait avoir avec des objets. Il y avait une place ouverte à la spontanéité des acteurs, et c’est rare. Philippe Torreton

Il avait cette idée de l’homme qui joue avec des ustensiles, qui laisse son acteur tirer parti de son accessoire. François Angelier

L'homme qui aimait les films

Il a découvert le cinéma au sanatorium car il souffrait de tuberculose quand il était enfant, mais il n’était pas encombré de sa cinéphilie. Quand il filmait, il ne citait pas ses maitres, mais il faisait du cinéma. Antoine Guillot

Sa cinéphilie était impressionnante. Je recommande de courir après les bonus de Tavernier qui durent parfois plus d’une heure. Il y détaille chaque chose, de l’angle de la caméra à la famille du maquilleur avec virtuosité. On sent qu’il y a un amour de la chose filmée elle-même. François Angelier

C’était quelqu’un qui avait finalement épousé le cinéma pour pouvoir parler aux autres, à ses spectateurs et à ses intimes. C’était un grand timide avec souvent le regard baissé. Il avait du mal à regarder les gens en face et sa façon de regarder le monde c’était en faisant du cinéma. Il disait "je t’aime" en parlant de films de cinéma. Philippe Torreton

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation