Hongrie, Pologne, Autriche… Populisme : poussée de fièvre ou tendance lourde ?

Jaroslaw Kaczynski, président du parti polonais Droit et Justice (PiS), réagissant aux sondages de sortie des urnes donnant son parti gagnant le 13 octobre 2019.
Jaroslaw Kaczynski, président du parti polonais Droit et Justice (PiS), réagissant aux sondages de sortie des urnes donnant son parti gagnant le 13 octobre 2019. ©AFP - Wojtek RADWANSKI
Jaroslaw Kaczynski, président du parti polonais Droit et Justice (PiS), réagissant aux sondages de sortie des urnes donnant son parti gagnant le 13 octobre 2019. ©AFP - Wojtek RADWANSKI
Jaroslaw Kaczynski, président du parti polonais Droit et Justice (PiS), réagissant aux sondages de sortie des urnes donnant son parti gagnant le 13 octobre 2019. ©AFP - Wojtek RADWANSKI
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Les forces politiques populistes semblent solidement enracinées à l'Est de l'Union Européenne, dans des pays comme la Hongrie, la Pologne ou l'Autriche. Le populisme est-il la nouvelle règle du jeu politique en Europe ?

Avec
  • Olivier Dard professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-Sorbonne, spécialiste d’histoire politique du XXème siècle

La victoire ce week-end du parti Droit et Justice (PiS) aux élections législatives polonaises achemine le pays vers un deuxième mandat sous giron ultraconservateur et eurosceptique. A contrario, certains représentants du populisme à l'Est connaissent des revers électoraux, avec par exemple la défaite du parti de Viktor Orban aux municipales en Hongrie. Plus généralement, les partis populistes, qu'ils accèdent ou non au pouvoir, semblent s'inscrire comme incontournables dans les scènes politiques de la plupart des pays d'Europe. 

Qu'est-ce que le populisme ? Cette mouvance aux multiples avatars est-elle durablement installée dans le paysage politique européen ? 

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Pour en parler, Guillaume Erner reçoit Olivier Dard, historien, professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université, spécialiste d’histoire politique du XXème siècle. Il est le co-auteur avec Christophe Boutin et Frédéric Rouvillois de l’ouvrage « Le Dictionnaire des populismes » (Cerf).

On annonçait une vague populiste partout, mais ses effets sont en fait limités : la poussée n’a pas été aussi forte qu’attendu, et il y a eu une difficulté pour ces forces populistes de parler d’une seule voix. Olivier Dard

Même si le populisme n’en a pas le monopole, le complotisme en est une composante importante  : “Il y a dans ce rapport à la dénonciation du pouvoir l’idée que l’occulte dominerait et que les citoyens seraient dépassés par quelque chose qu’on voudrait leur cacher.Olivier Dard

Quelles sont les origines du populisme ? Pour Olivier Dard, il faut sortir d'une perspective exclusivement européenne : "En réalité, si l'on dresse une histoire du populisme, aux 19ème et 20ème siècles, l’Amérique latine est l’un berceau du populisme, [...] avec par exemple le péronisme." Olivier Dard

"Je ne suis pas sûr que Bolsonaro soit un populiste. [...] Il a bien toute une série d’attributs qu’on pourrait lier au populisme, mais il est plus l’héritier de la tradition issue de la dictature militaire que du populisme historique brésilien de Vergas." Olivier Dard

"Le populisme pose la question de la définition du peuple__. Le rapport au peuple des populistes n’est pas toujours le même : l’ethnopopulisme  d'Orban par exemple au nom d’une volonté de préservation, le demos, à travers la question du suffrage, la plebs : les pauvres contre les riches." Olivier Dard

Le populisme français est-il l'héritier d'une tradition maurrassienne ? "Non, car le projet maurrassien est un projet profondément élitiste. Maurras n’a jamais cherché à toucher les masses, à la différence des populistes." Olivier Dard

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