WASHINGTON, DC - 05 MAI :  rassemblement pour le droit à l'avortement devant la Cour Suprême américaine ©AFP - ANNA MONEYMAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
WASHINGTON, DC - 05 MAI : rassemblement pour le droit à l'avortement devant la Cour Suprême américaine ©AFP - ANNA MONEYMAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
WASHINGTON, DC - 05 MAI : rassemblement pour le droit à l'avortement devant la Cour Suprême américaine ©AFP - ANNA MONEYMAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
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Résumé

Alors qu’aux États-Unis un projet de loi remet en question l’accès à l’IVG, nous nous intéressons ce matin aux enjeux politiques de l’avortement dans le monde mais surtout en France.

avec :

Sophie Gaudu (Gynécologue obstétricienne), Danielle Gaudry (Gynécologue et obstétricienne,).

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La semaine dernière, le magazine américain Politico a révélé un potentiel revirement de la Cour Suprême américaine concernant le droit constitutionnel à l’avortement.

Si ce projet aboutissait, ce serait la remise en question du droit à l’IVG dans l’ensemble des États. Mais au delà du droit américain, la symbolique est mondiale : le refus d’accepter aux femmes le contrôle de leur corps.

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Ce message de l’Amérique conservatrice révèle donc à quel point les avancées du droit des femmes sont fragiles et c’est pourquoi ce matin nous nous intéressons à l’accès à l’IVG en France et en Europe.

Nos invitées sont :

  • Danielle Gaudry, gynécologue, militante au planning familial et au sein du collectif «Avortement en Europe : les femmes décident»
  • Sophie Gaudu, gynécologue-obstétricienne, responsable de l’unité IVG/ contraception à l’hôpital Bicêtre et présidente du réseau REVHO.
  • Marie Mathieu , Post-doctorante en sociologie (Cermes3) - chercheuse associée Cresppa-CSU

Une femme sur trois a recours à une IVG en France 

L’avortement en France est autorisé sans restriction à la demande de la femme jusqu’à quatorze semaines de grossesse (16 semaines d’aménorrhée). "De nombreuses avancées législatives ont eu lieu ces dernières années", estime Sophie Gaudu, "a_vec notamment la prise en charge à 100%, l’allongement des délais depuis le 28 février, l’autorisation pour les sages femmes de pratiques des IVG médicamenteuses et chirurgicales_". Cela concerne une femme sur trois en France. "C’est un élément clé de l’autonomie, de la liberté et de l’égalité hommes-femmes. Nous sommes dans une situation en Europe qui est plutôt favorable au droit des femmes." 

Une reconfiguration de la norme procréative à travers le temps 

"On a pensé pendant très longtemps qu’augmenter la couverture contraceptive de la population allait faire disparaitre l’avortement". C’est une fausse croyance explique Marie Mathieu. Aujourd’hui les femmes sont moins souvent confrontées à une grossesse non prévue mais avortent plus souvent en situation de grossesse non prévue, notamment parce qu’elles ne rejoignent pas ce qui est défini comme les bonnes conditions pour avoir un enfant : un couple stable, une situation professionnelle stable, etc. "On observe à travers le temps une reconfiguration de ce que Michèle Ferrand et Natalie Bajos on appelé la norme procréative. Le nombre d’avortement est à peu près stable depuis une quarantaine d’années en France." 

Encore un manque d’informations

Pour Danielle Gaudry, la problématique de l’accès à l’avortement est que la loi n’est pas très bien connue des femmes. "Il faut informer". Même s’il y a un numéro vert, des sites internet, les femmes ont du mal à accéder à ce droit en France. "On peut voir dans nos permanences d’accueil au planning familial que les femmes ont déjà vu préalablement des soignants et que beaucoup ne sont pas bien orientées. Elles perdent du temps, avec des échographies ou des bilans sanguins répétés. Je pense que les soignants ont des réticences à appliquer la loi complètement". 

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation
Delphine Lerner
Stagiaire
Caroline Payen
Stagiaire