Les décisions du gouvenrement seront scrutés de très près pour évaluer de l'efficacité de l'appareil étatique à sortir du confinement  ©AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Les décisions du gouvenrement seront scrutés de très près pour évaluer de l'efficacité de l'appareil étatique à sortir du confinement ©AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Les décisions du gouvenrement seront scrutés de très près pour évaluer de l'efficacité de l'appareil étatique à sortir du confinement ©AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
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Résumé

Alors qu’Emmanuel Macron s'est dit prêt à "dessiner un chemin" avec "toutes les composantes de la nation", quelle place peut occuper l’opposition ? Comment relever les enjeux démocratiques que pose l’époque que nous traversons ?

avec :

Nicolas Roussellier (professeur d'histoire politique à Sciences Po), David Djaïz (Haut fonctionnaire, essayiste et enseignant à Sciences-Po.).

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«La démocratie parlementaire reste vivante, exigeante, bruyante parfois, mais indispensable toujours». Ce mardi, le premier ministre a annoncé dans un discours historique le plan de déconfinement du gouvernement devant l’hémicycle clairsemé. Invités à se prononcer sur la stratégie proposée, les députés se sont prononcés dans un scrutin simplement consultatif. 

Alors qu’Emmanuel Macron appelle à l’union nationale, quelle place peut occuper l’opposition dans ce contexte ? Comment la crise sanitaire chamboule le temps démocratique ? Assiste-t-on au retour de l’Etat régalien ? 

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Pour en parler, nous recevons David Djaïz, essayiste, et enseignant a Sciences Po, auteur de Slow démocratie, éd. Allary.

Puis à 8h, nous recevrons Nicolas Roussellier, historien du politique et auteur de l’article “De 14-18 au coronavirus : la démocratie comme « règlement de comptes », à lire sur AOC. 

Une crise globale mais un discours national ? 

"Il faut distinguer l’État et la nation. D’un côté, l’État a été fortement mobilisé pour mettre en place la paix civile. Il est également le garant de la sécurité et de la santé publique. En revanche, la nation est restée dans un rôle social."

Il y a un vrai paradoxe entre les menaces qui sont de plus en plus globales et les réactions instinctives du social qui restent quant à elles à l'échelle locale ou nationale. David Djaïz

"Ce qui est certain est que la crise peut jouer le rôle d’une lessiveuse. Une des questions qu'il faudra se poser est la question du rééquilibrage entre le reste de l’infrastructure sociale qu’on a eu tendance à invisibiliser et les autres. Il y a une vraie question sur le contrat social qui se pose."

Un déconfinement qui se joue à plusieurs échelles 

"Les différentes stratégies de déconfinement sont liées à une culture locale. Ça n’enlève rien à la nécessité d’une coordination internationale et là il y a un travail à faire à l'échelle mondiale. Il faut réussir à penser cette fine articulation entre les différentes échelles."

Il y a une infinité de décisions à prendre qui touche à la vie des gens. Et il y a une infinité de paramètres à prendre en compte. La politique n’est pas une science mais un art. Et en ce moment, c’est l’art de prendre la décision la plus équilibrée dans ce contexte. David Djaïz

L’État régalien face au jugement permanent 

En France, le moindre détail administratif comme le fait de savoir si il y aura 10 ou 15 élèves dans une salle de classe remonte comme un ascenseur ultra-rapide aux oreilles des gouvernants. C’est une forme de réaction qui met le pouvoir à nu. Nicolas Roussellier

"On a un immense contraste entre d’un côté un État qui impose des règles extrêmement strictes et de l’autre côté, une acceptation de la part de la société civile d’accepter ces règles. A ce niveau, il n'y a pas de crise de l’État régalien. Mais on a tout de même un État qui accepte ses erreurs et ses égarements, et ça c’est assez nouveau. On a cette perception nouvelle d’un État fortement régalien mais très incertain."

A la place de la manière traditionnelle et politique de rendre des comptes, on voit apparaître aujourd’hui une sorte de demande sociale dispersée qui demande que les comptes soient rendus par la justice et non par le politique. Nicolas Roussellier

"Nous avons un État régalien fort mais constamment soumis aux critiques. C’est un État régalien sans majesté. Quand on parle de monarchie républicaine, la Covid a fait disruption dans cette notion."

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

43 min
Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Louison Carroué
Collaboration
Maïwenn Guiziou
Collaboration
David Jacubowiez
Réalisation