Le palais du festival de Cannes
Le palais du festival de Cannes
Le palais du festival de Cannes ©AFP - PATRICIA DE MELO MOREIRA
Le palais du festival de Cannes ©AFP - PATRICIA DE MELO MOREIRA
Le palais du festival de Cannes ©AFP - PATRICIA DE MELO MOREIRA
Publicité
Résumé

Le cinéma français est un bien précieux mais il est aussi fragile. Deux producteurs échangent leur point de vue de professionnels reconnus sur l’avenir du secteur.

En savoir plus

Dans les arcanes du festival de Cannes, les professionnels du secteur qui se croisent parlent concurrence, modèles économiques, plateformes et réglementations. C’est un peu l’envers du décor, la fabrique derrière la fabrique des rêves. Et ce matin, deux producteurs en vue, reconnus, évoluant dans des univers très différents, Pascal Breton et Judith Lou Levy, partagent avec vous ces discussions d’initiés, ces problématiques qui sont les leurs, mais qui sont les vôtres aussi, puisque sans elles, pas d’oeuvres, pas d'entertainment, pas de chefs-d'oeuvres

Avec Antoine Guillot : journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture

Publicité

Nos invités :

  • Pascal Breton, président de Federation Entertainment, un des principaux producteurs de séries en Europe - (En Thérapie, Le Bureau des légendes). 
  • Judith Lou Lévy : fondatrice et productrice avec Ève Robin de la société de production indépendante Les Films du Bal,  qui a remporté en 2019 le Grand prix du festival de Cannes pour le film “Atlantique” de Mati Diop et en 2021 le Prix du jury pour “Le genou d’Ahed” de Nadav Lapid. Elle représente cette année à Cannes la France dans le cadre de Producers on the Move. 

Une vision politique à défendre 

"Le cinéma est, pour citer André Malraux, un art et une industrie extraordinaires". C’est une invention française qui rayonne dans le monde entier et qu’on nous envie. "Le cinéma français n’est pas une forme de création spontanée mais dépend d’un système très précis de régulation", estime Judith Lou Lévy, "qui mérite d’être défendu". La tribune dans le Monde qu’elle publie avec d’autres réalisateurs et acteurs est une vision politique à défendre. "Nous voulons rappeler que la matrice artistique que fabrique le cinéma français doit être défendue"

Les films des plateformes bientôt à Cannes ? 

Le festival de Cannes se crispe depuis des années non pas sur la question des séries mais sur celle des films produits et appelés à être diffusés sur les plateformes explique Antoine Guillot. "Les représentant des salles de cinéma au conseil d’administration du festival s’arcboutent pour dire non à ces films et veiller à ce qu’ils ne puissent pas concourir et éventuellement remporter la Palme d’or à Cannes. Étant donné les positions de Thierry Frémaux (délégué général du Festival de Cannes) et de Dominique Boutonnat (le président sortant du CNC), cela pourrait être amené à changer"

L’évolution des pratiques 

"Il y a trop de séries, il y a trop de films. C’est bien normal que les trois quarts de ce qu’on produit ne soient pas exceptionnels, mais par moment advient une sorte de magie, un chef-d’oeuvre qui peut être beaucoup plus créatif que les films présentés à Cannes". Selon Pascal Breton, le cinéma ne meurt pas mais il évolue dans sa pratique, notamment à cause de la technologie qui permet de choisir ce qu’on veut voir à n’importe quel moment. Avant les plateformes, 90% du marché mondial audiovisuel et cinéma était trusté par les séries et films américains. "Aujourd’hui, on s’est tous mis a regardé des séries italiennes avec sous-titrage, des films suédois, etc. et même les Américains s’y sont mis"

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation
Delphine Lerner
Stagiaire
Caroline Payen
Stagiaire