Les fans de Leipzig, en Allemagne, tiennent une banderole indiquant « Boycottez le Qatar ! », le 9 novembre 2022.
Les fans de Leipzig, en Allemagne, tiennent une banderole indiquant « Boycottez le Qatar ! », le 9 novembre 2022. ©Maxppp - FILIP SINGER
Les fans de Leipzig, en Allemagne, tiennent une banderole indiquant « Boycottez le Qatar ! », le 9 novembre 2022. ©Maxppp - FILIP SINGER
Les fans de Leipzig, en Allemagne, tiennent une banderole indiquant « Boycottez le Qatar ! », le 9 novembre 2022. ©Maxppp - FILIP SINGER
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Aberration écologique, non-respect des droits humains, soupçons de corruption… La Coupe du Monde qui se tient au Qatar depuis le 20 novembre concentre toutes les critiques. Et met les supporters face à un dilemme : faut-il ou non suivre ce mondial particulier ?

Avec
  • Vikash Dhorasoo Footballeur, cinéaste, consultant footballistique, joeur de poker
  • Carole Gomez Assistante diplômée en sociologie du sport à l'université de Lausanne, spécialiste du sport dans les relations internationales
  • Olivier Guez Journaliste, Auteur

Les amateurs de foot tiraillés

Carole Gomez le rappelle : “beaucoup de remarques, de critiques, d’enquêtes sur différents sujets - les droits humains, la question de l’environnement, l’attribution de la Coupe du Monde - sont polarisés dans un certain nombre de pays Occidentaux, en particulier les pays de l’Europe. On a peu de critiques dans d’autres parties du monde” souligne la spécialiste du sport.

Olivier Guez, auteur de Une passion absurde et dévorante. Ecrits sur le football (L'Observatoire, 2021) partage son expérience personnelle : “c’est un vrai dilemme. Je sens que ça tiraille de partout, j’ai l’impression que les digues sont en train de sauter, ce dont je ne suis pas fier. Et je pense qu’un certain nombre d’amateurs de football se retrouvent dans la même situation que moi. Mais je pense que c’est un phénomène très occidental.” L’écrivain renchérit sur la question environnementale notamment : “le football international, de très haut niveau, est encore organisé comme au vingtième siècle. La question environnementale est importante, mais c’est une préoccupation de l’Europe occidentale. Pour l’instant, dans le sud, on ne voit pas les choses comme ça.”

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S'organiser pour contrer la FIFA

C’est surtout la FIFA qu’il faut viser souligne Vikash Dhorasso : “je pense qu’il faut aller attaquer la FIFA. Il faut regarder cette organisation qui est très opaque. Ceux qui dirigent cette organisation ont pour but de gagner beaucoup d’argent, de truster les postes.” Olivier Guez insiste sur le fait que “le problème est en amont. Il concerne la FIFA, le Qatar. Aujourd’hui, on fait semblant de découvrir comment fonctionne le Qatar depuis quelques semaines, mais tout ça est très clair depuis 2010 quand la Coupe du Monde a été offerte au Qatar.”

En reprenant l’exemple du port du brassard LBGT qui a été interdit par la FIFA, Vikash Dhorasoo avance qu'il est possible de s'opposer à cette décision : "il suffit d’être organisé, et donc de refuser les sanctions. La Fédération internationale ne doit pas décider de ce qu’on peut faire sur un terrain de football, notamment juste pour un brassard. Elle s’est imposée, elle a gagné alors que les pays auraient pu désobéir et reprendre un peu de pouvoir, notamment les joueurs de foot.

Pour Carole Gomez, concernant le brassard, “la décision de la FIFA a beaucoup tardé. Cela fait plusieurs mois que des réponses sont attendues de la part de la FIFA, notamment sous la houlette de plusieurs fédérations européennes. Finalement la décision a été prise au tout dernier moment. Et si cette décision est annoncée au tout dernier moment aussi, c’est peut-être pour empêcher une réponse, une riposte de la part des équipes.” Mais il existe des possibilités, insiste la spécialiste : “Le fait de porter un brassard et de s’opposer à la Fédération, y aller seul ne marchera pas. Ce qui marche en revanche, c’est de s’organiser.”

La Coupe du Monde au Qatar, une étape dans la prise de conscience ?

Olivier Guez essaie de positiver : “Réjouissons-nous plutôt de voir la réaction des citoyens vis-à-vis de cette Coupe du Monde. Il y aura peut-être une étape, un avant et un après sur la désignation de grands tournois". Mais l'écrivain ajoute : "d’une certaine manière, encore c’est faire preuve de naïveté.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Lucas Bretonnier
Production déléguée
Élodie Piel
Collaboration
Roxane Poulain
Collaboration
Audrey Dugast
Collaboration
Charlotte Geoffray
Collaboration
Théo Bessard
Collaboration