Une opération de dépistage massif a été lancée par les autorités sanitaires, dans huit zones de l'Angleterre où des cas de variant du coronavirus ont été détectés.
Une opération de dépistage massif a été lancée par les autorités sanitaires, dans huit zones de l'Angleterre où des cas de variant du coronavirus ont été détectés.
Une opération de dépistage massif a été lancée par les autorités sanitaires, dans huit zones de l'Angleterre où des cas de variant du coronavirus ont été détectés. ©AFP - NIKLAS HALLE'N
Une opération de dépistage massif a été lancée par les autorités sanitaires, dans huit zones de l'Angleterre où des cas de variant du coronavirus ont été détectés. ©AFP - NIKLAS HALLE'N
Une opération de dépistage massif a été lancée par les autorités sanitaires, dans huit zones de l'Angleterre où des cas de variant du coronavirus ont été détectés. ©AFP - NIKLAS HALLE'N
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Résumé

Décidément, cette épidémie s’avère un réel défi pour la science. Après le sprint au début de l’épidémie, la communauté scientifique s’attaque désormais à un marathon, entre interrogations et espoirs.

avec :

Etienne Simon-Lorière (Virologue, responsable de l’unité Génomique évolutive des virus à ARN à l’Institut Pasteur), Steve Pascolo (chercheur à l'hôpital universitaire de Zurich et co-fondateur de CureVac).

En savoir plus

Emmanuel Macron veut un vaccin pour "tous les Français qui le souhaitent" d'ici la "fin de l'été". Le vaccin d'AstraZeneca n'est pas recommandé pour les plus de 65 ans ; et Spoutnik V est de plus en plus envisagé en Europe. Où en est l'épidémie de Covid-19 en France et dans le monde ?

L'étude des variants

Etienne Simon-Lorière :

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Il y a deux choses principales qui caractérisent ces variants. La première est qu'on trouve des mutations parmi les variants, ce qui suggère une évolution du virus, lui conférant davantage de transmibilité. 

Le second point qui est fascinant pour ces trois variants, c'est le nombre extrêmement supérieur à la moyenne de mutation qu'on observe dans ces génomes.

Jusqu'ici, on a vu que le virus accumulait doucement, tranquillement, une à deux mutations par mois. Et là, soudainement, pour ces variants, on voit des dizaines de mutations. Et donc ça pose  des questions sur leur origine.

L'évolution naturelle du virus

Etienne Simon-Lorière : 

L'environnement dans lequel le virus circule va sélectionner des virus et faire que certains virus vont survivre et avoir un succès épidémiologique. 

Donc les mutations que l'on voit, rendent le virus plus apte à son activité principale : se transmettre de personne à personne. 

Quelle défense face aux variants ? 

Etienne Simon-Lorière : 

C'est important de relativiser parce qu'on a déjà des premières informations qui indiquent que les vaccins sont toujours efficaces vis-à-vis de ces variants. 

C'est une information importante parce que ça permet de faire réaliser que, très vraisemblablement, le virus pourrait peut-être développer une variation qui le rendrait plus apte à échapper aux vaccins.

Donc, les laboratoires ont déjà commencé à mettre en place des plans pour pouvoir mettre à jour plus ou moins régulièrement les vaccins. Cette situation, où on a un virus qui change très régulièrement, on l'a vie déjà avec la grippe.

L'épopée de l'ARN messager

Steve Pascolo :

La technologie n'est pas si nouvelle puisqu'elle a été publiée en 1993. J'ai commencé à la développer en 1998, il y a plus de vingt ans. Donc on a quand même beaucoup d'expertise sur cette technologie.

Elle consiste à utiliser l'information génétique d'un pathogène sous la forme d'un ARN messager. L'ARN Messager est une photocopie transitoire d'un gène.

Dans le passé, les gens utilisaient plutôt l'ADN pour faire des vaccins ou des thérapies géniques, donc un message génétique très stable. Nous, on a utilisé l'ARN messager, qui est une copie instable d'un gène.

Pour cette raison, nous étions les seuls dans les années 1990 et 2000, à utiliser cette technologie parce que nos collègues médecins chercheurs pensaient que l'ARN est une copie trop éphémère, trop instable du gène pour être utilisée en médecine.

Vingt ans de recherches

Steve Pascolo :

On a  commencé à travailler sur cette technologie dans le contexte d'un vaccin anticancéreux ou de vaccins contre des pathogènes infectieux. Et dans ces années-là, le vaccin ne fonctionnait pas tellement.

Mais on l'a développé parce qu'il y a cet aspect de haute sécurité dans l'ARN messager. Cette information génétique n'est que transitoire lorsque vous l'injectez. Elle est assez vite utilisée, puis très vite détruite, et elle ne laisse pas de trace. 

Maintenant ce vaccin fonctionne extrêmement bien grâce à vingt années d'optimisation à la fois de l'information génétique sous forme d'ARN et de la manière dont elles sont administrées dans le corps.

Et les effets secondaires ? 

Steve Pascolo :

Ces craintes ne sont pas fondées. Tout le développement de l'ARN messager est basé sur la sécurité de ce format.

Il y a vingt ans, la communauté médicale et scientifique pensaient que, justement, cette molécule éphémère transitoire ne pourrait pas donner d'effets secondaires, ni les effets désirés in vivo parce qu'elle est trop fragile.

Les risques dont vous parlez existent pour d'autres types de vaccins. Je suis un peu inquiet avec les vaccins adénovirus AstraZeneca, Spoutnik V et Johnson & Johnson. Ce sont des virus à ADN qui sont injectés. 

Là, il y a théoriquement certains risques de persistance de la molécule que vous injectez et du devenir de cette molécule qui peut théoriquement changer votre génome.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation
Sophie Alavi
Collaboration