Un meeting de la campagne Nupes à Caen, le 8 juin 2022
Un meeting de la campagne Nupes à Caen, le 8 juin 2022
Un meeting de la campagne Nupes à Caen, le 8 juin 2022 ©AFP - SAMEER AL-DOUMY
Un meeting de la campagne Nupes à Caen, le 8 juin 2022 ©AFP - SAMEER AL-DOUMY
Un meeting de la campagne Nupes à Caen, le 8 juin 2022 ©AFP - SAMEER AL-DOUMY
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Résumé

Composition et décomposition de la gauche à l’œuvre dans la Nupes, c’est le sujet des Matins avec l’historien de Gilles Candar et le philosophe Vincent Peillon.

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Avec 25,66% des voix au premier tour des élections législatives, la Nupes est devenue la première force d’opposition du pays. (Chiffre contesté par les intéressés).

Première force d’opposition et donc premier ennemi à abattre pour la coalition « Ensemble » portée par LREM qui n’a pas manqué d’accuser les candidats de la Nupes « d’anarchistes d’extrême-gauche ». (Déclaration d’Amélie de Montchalin).

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Nupes : ancienne gauche ou nouvelle radicalité ? C’est le thème des Matins avec nos invités :

  • Gilles Candar : Historien. Président de la Société d'études jaurésiennes. Auteur de “Pourquoi la gauche ?” (Puf, 2022).
  • Vincent Peillon : Philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale.

La Nupes trop radicale ?

À propos du qualificatif "anarchiste" accolé à la Nupes, Gilles Candar dénonce le "comble du ridicule" : "L’anarchie est un courant politique estimable qui a eu ses heures de gloire au XIXe, qui se caractérise par le refus du pouvoir parlementaire et qui ne présente pas de candidat à ces élections."

Il reconnaît toutefois que La France Insoumise, force majoritaire de la Nupes, est plus revendicatrice que la gauche traditionnelle. "Mais si on voit les expériences passées de la gauche, que ce soit le PS du début du siècle ou le PC des années 1930, il y avait des expressions de radicalités qui allaient beaucoup plus loin que la Nupes aujourd’hui. Dans la Nupes il n’y a pas la remise en cause de la propriété des biens de production par exemple."

Vincent Peillon rappelle l'union de la gauche autour de Mitterrand : "Quand on relit les propositions de Mitterrand en 1981, il y a déjà les 35h et l’augmentation des salaires et minima sociaux. On annonçait alors l'arrivée des chars russes. Ceux qui critiquent la Nupes aujourd'hui, idolâtrent ce moment politique."

Le Front républicain en question

Pendant la présidentielle, le Front républicain était appelé à se mobiliser pour empêcher l’élection de Marine Le Pen. Aujourd’hui il est appelé pour faire barrage aux candidats du Rassemblement national à l’Assemblée. Pour Vincent Peillon, l'heure est grave : "Marine Le Pen, l’héritière de l’extrême droite française la plus dure, comporte dans son parti encore des éléments qui s’affichent avec les néo-nazis en Autriche. Elle a fait plus de 40%."

Gilles Candar rappelle enfin que le terme de Front républicain existe depuis le XIXe siècle, avant-même le danger fasciste, pour faire face au rétablissement de la monarchie. "En 1885, au premier tour des législatives, les royalistes raflent une grande majorité des sièges et face à ce danger, les Républicains de toutes tendances décident de s’unir malgré leurs différences.

"La République est l’organisation des désaccords, mais pour que ça fonctionne il faut des personnes qui acceptent ce cadre. Le RN s’inscrit aujourd’hui dans le cadre de la légalité, mais il est l’héritier de l’histoire et garde une culture de l’autorité qui est, à mes yeux, contraire à la démocratie."

Pour Vincent Peillon, l'appel au Front républicain face à la Nupes, est avant tout une rhétorique opportuniste : "Je trouve détestable cette nouvelle orthodoxie pratiquée par ceux qui veulent décerner les palmes républicanistes. Sur les principes républicains, la Nupes tient. La Première ministre de la France, était conseillère pour Jospin qui soutient aujourd’hui la Nupes. Elle a aussi travaillé comme directrice de cabinet pour Ségolène Royale, autre soutien de la Nupes."