Circulation des flux
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Circulation des flux ©Getty -  Hiroshi Watanabe
Circulation des flux ©Getty - Hiroshi Watanabe
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Résumé

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, le système capitaliste néo libéral est mis à mal comme rarement auparavant. Après près d'un demi-siècle d'une économie mondiale basée en grande partie sur cette doctrine, assiste-t-on à une rupture de notre modèle ? Réponse ce matin.

avec :

Patrick Artus (chef économiste et membre du comité exécutif de Natixis).

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La crise sanitaire que nous vivons a mis en lumière la faiblesse des salaires de nombreux employés, en particulier dans les secteurs qui ont participé durant le confinement au bon fonctionnement du pays. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé dimanche une  augmentation des rémunérations des personnels soignants des hôpitaux. De leur côté, les syndicats réclament une hausse générale des salaires et une meilleure reconnaissance. La crise de la Covid-19 va-t-elle amorcer un nouveau partage des revenus au bénéfice des salariés ? Le capitalisme néolibéral va-t-il être remis en question ou au contraire progresser à travers la crise économique que nous vivons ? 

Notre invité est Patrick Artus, chef économiste et membre du comité exécutif Natixis et l'auteur de “40 ans d'austérité salariale, comment en sortir” qui paraît demain aux éditions Odile Jacob.

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Deux constations rassurantes

"Après la dernière crise, celle de 2008-2009, on a fait en Europe une bêtise, qui était de retourner à l'austérité budgétaire. On avait eu peur des déficits publics. En réalité, il fallait en fait continuer à soutenir l'économie.  Alors que les Etats-Unis repartaient, l'Europe rechutait en récession. Aujourd'hui, nous allons soutenir l'économie."

Ceux qui vont bénéficier de l'argent européen ne sont pas ceux qui vont rembourser. On va allouer cet argent à des projets d'investissement où c'est nécessaire, tant en termes de secteurs que de pays. Ça sera remboursé par les pays en fonction de leur poids en Europe. C'est la première fois que l'on met de la solidarité de cette façon en Europe. 

"La dernière fois, la BCE avait attendu 2015 pour mettre en oeuvre une politique monétaire expansionniste. Les américains l'avaient fait en 2008. Aujourd'hui, la BCE n'a pas attendu et permet aux Etats de se financer".

Depuis 20 ans, un équilibre particulier

"Il y a un enchaînement qui fabrique un équilibre particulier. L'austérité salariale implique qu'il n'y a pas d'inflation ni de demande. On fait d'énormes déficits publics. Ça se passe très bien, car ces déficits se financent avec des taux d'intérêt proches de zéro. Cet équilibre est robuste mais stupide. Cette crise-ci est assise sur le fait qu'on soit dans cet équilibre depuis 20 ans. Il serait préférable que les salaires soient plus élevés et qu'il y ait moins de dette public. On a énormément de mal à sortir de cet équilibre".

Le rôle de la BCE : l'achat de la dette

Le débat n'est pas autour de la dette. En réalité, dans cet équilibre, cette dette est achetée par la banque centrale. Le gouvernement français finance le chômage partiel pour alléger les entreprises. Pour cela, il émet des obligations du trésor, il s'endette. Comme l'Etat va faire un déficit public qui sera proche de 10% de son PIB, i aurait fallu qu'il émette 200 milliards d'obligation et qu'il trouve des acheteurs pour ses obligations. A la place, la banque de France pour le compte de la BCE, achète ses obligations, et paye en créant de la monnaie. 

"La BCE ne revendra pas ses obligations. La BCE n'a pas le droit de monétiser la dette publique, mais en réalité, elle le fait. Les traités sont inadéquats par rapport à ce que fait la BCE pour assurer la survie de l'euro"

La question qu'il faut se poser n'est pas, s'il faut rembourser la dette, mais les dangers d'une politique où l'on crée une montage de monnaie.

Pour écouter la deuxième partie de l'émission, consacrée à Michel Piccoli, c'est ici. 

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Aurélien Dubost
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Maïwenn Guiziou
Collaboration
David Jacubowiez
Réalisation