L'écrivain Patrick Modiano pour la remise de sa légion d'honneur à Paris (18 février 2015) ©AFP - Patrick Kovarik
L'écrivain Patrick Modiano pour la remise de sa légion d'honneur à Paris (18 février 2015) ©AFP - Patrick Kovarik
L'écrivain Patrick Modiano pour la remise de sa légion d'honneur à Paris (18 février 2015) ©AFP - Patrick Kovarik
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Résumé

Aujourd’hui nous connaîtrons le prix Nobel de littérature 2021 et nous serons en compagnie du dernier français ayant reçu cette consécration : Patrick Modiano est l’invité des Matins

avec :

Patrick Modiano (écrivain, prix Nobel de littérature en 2014, auteur de « Souvenirs dormants » et de « Nos débuts dans la vie », ed. Gallimard.).

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Il y a 7 ans, Patrick Modiano apprenait qu’il recevait le prix Nobel de littérature et ça ne l’a pas arrêté. Nous rencontrons l’écrivain à l’occasion de la parution de son nouveau roman, Chevreuse. 

Deux ans après Encre sympathique, Patrick Modiano revient sur la scène littéraire française et publie cette semaine chez Gallimard, Chevreuse. Le narrateur, Jean Bosmans, introduit dans un précédent roman, L’Horizon, rassemble des souvenirs de son enfance, 15 ans après, alors que des hommes le poursuivent en quête d’un trésor. Les mots et les sons font sens dans la mémoire mais les souvenirs ne correspondent pas. L’occasion de balades dans les rues de Paris et sa banlieue, pour identifier le but de cette poursuite des souvenirs perdus. 

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Reprenant ses thèmes de prédilection, de la mémoire aux traumatismes de l’Occupation, Patrick Modiano transmet une nouvelle fois les sensations du passé retrouvé, un véritable « art de la mémoire » dont il nous parle ce matin. 

Parler sans ratures

Dans votre discours de réception du prix Nobel, vous disiez que parler n'est pas naturel pour un écrivain.

Mon travail principal, c'est de supprimer, de faire des ratures. Quand on parle, on ne peut pas en faire. C'est pour ça que c'est difficile, quelques fois, de s'exprimer. On ne peut pas supprimer, au fur et à mesure, des propos qu'on tient.

Les difficultés d'une interview

Interviewer un écrivain qu'on admire, c'est aussi quelque chose de difficile. S'entretenir avec Patrick Modiano, il y a presque quelque chose de mythique, est-ce que vous vous en êtes rendu compte ?

C'est peut-être parce que je parle d'une manière un peu saccadée. Evidemment, pour quelqu'un qui m'interroge, c'est un peu difficile, quelques fois. Ce n'est pas vraiment une hésitation. C'est plutôt la recherche de la phrase la plus exacte. C'est difficile parfois pour celui qui interviewe, car il y a des blancs, etc.

Du réel à l'imaginaire

Dans Chevreuse, il est question de mémoire, de retours, on retrouve un certain nombre d'éléments de votre univers.

En fait, c'est un roman, comme pratiquement tous mes livres. Un livre pouvait apparaître comme une autobiographie, Un Pedigree, mais vu de loin, ça me paraît un roman. L'autobiographie, c'est quasiment impossible. Les écrivains qui disent avoir fait des autobiographies, au fond, c'est des interprétations totalement subjectives, même quand ils parlent de gens très proches. Cela devient donc presque du roman. On ne peut pas se détacher de l'imaginaire et du roman.

Mais Chevreuse mélange un peu les souvenirs réels, et ceux que l'on imagine.

C'est-à-dire que pour passer dans l'imaginaire, il faut avoir en tête des choses précises qu'on peut avoir vues ou fréquentées. A partir de là, cela peut basculer dans l'imaginaire.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation
Valentin Denis
Stagiaire