Viktor Orban et Matteo Salvini  ©AFP - Marco Bertorello
Viktor Orban et Matteo Salvini ©AFP - Marco Bertorello
Viktor Orban et Matteo Salvini ©AFP - Marco Bertorello
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Résumé

Pendant que Donald Trump partait jouer au golf, Barack Obama, George Bush et l’ensemble de l’establishment américain étaient réunis ce weekend à Washington pour rendre hommage à la mémoire de John McCain.

avec :

Yascha Mounk (professeur à l’Université Johns Hopkins à Baltimore et auteur de « Le peuple contre la démocratie » (Editions de l'Observatoire, 2018)).

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Au-delà de la personne du défunt sénateur, cet enterrement était aussi celui d’une certaine conception de la Démocratie et du combat politique, un monde en passe d’être englouti où il était possible de se contredire sans se haïr et de gagner sans écraser. Malgré la stabilité, la prospérité et la sécurité qu’elle a pu engendrer depuis 70 ans, la démocratie libérale est en effet en train de céder partout dans le monde face aux assauts d’un contre-modèle populiste, autoritaire et réactionnaire. Incarné par Donald Trump, ce changement d’ère politique prend ailleurs le visage d’Erdogan, la voix d’Orban, la gestuelle de Maduro, les outrances de Salvini et les provocations de Farage. Critiquées par les experts, exposées par la presse et dénoncées par leurs opposants, ces nouvelles figures de la modernité politique  enchaînent néanmoins, semble-t-il contre toute logique, les succès électoraux. Pourquoi la démocratie ne fait-elle plus rêver ? 

On voit comment les populistes aiment à dire que si quelque chose ne va pas bien dans le monde, c’est toujours la faute des autres… 

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Si on regarde Viktor Orban en Hongrie, c’est peut-être le populiste le plus dangereux… Pour moi, le problème principal d’Orban, c’est qu’en Hongrie, il n’y a plus de média indépendant, l’opposition n’a pas une vraie chance de gagner les élections car le système électoral a été changé en faveur d’Orban. C’est ce qui met en danger la démocratie. Il change le système à un tel point que ce n’est plus possible de le chasser du pouvoir de manière démocratique. 

A un certain moment, les peuples vont réaliser à quel point ils ont perdu de la liberté : en Hongrie, en Pologne, en Russie, en Turquie. 

Comment  gérer la liberté religieuse dans une société laïque et multiethnique ? On peut clairement dire que la burqa est un problème dans une société libre mais il vaut mieux ne pas la criminaliser.

ll y a 50 ans, les pays occidentaux avaient une idée mono ethnique d’eux-mêmes. Maintenant, avec 50-60 ans d’immigration dans leur histoire, cette idée commence à changer... C’est évidemment un progrès cette transition des sociétés mono ethniques en sociétés multiculturelles, mais je comprends que pour certains, cette transition est difficile, ils ont le sentiment d'avoir quelque chose à perdre.

Comment lutter contre ces populismes ? C’est très important de s’engager politiquement car une fois que ces systèmes politiques sont au pouvoir, c’est très difficile de les chasser. Même si on n’aime pas les partis établis, si on a certains problèmes avec les partis modérés, c’est très important de s’engager pour eux. Il y a aussi des causes plus structurelles sur la montée du populisme : il faut mener une politique économique pour le capitalisme le libre-échange mais qui s’assure que les avantages de ce système vont à des Français moyens. Il faut aussi se battre pour un patriotisme inclusif.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
David Jacubowiez
Réalisation