Distribution d'aide alimentaire, Paris, mars 2021.
Distribution d'aide alimentaire, Paris, mars 2021.
Distribution d'aide alimentaire, Paris, mars 2021. ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
Distribution d'aide alimentaire, Paris, mars 2021. ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
Distribution d'aide alimentaire, Paris, mars 2021. ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
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Résumé

Les inégalités sociales sont au centre des débats de la campagne présidentielle, sans même qu’il soit besoin de prononcer l’expression. Elles forment un sujet qui coïncide avec la quasi-totalité des sujets politiques du moment, de la fiscalité aux services publics, en passant par le pouvoir d’achat.

avec :

Nicolas Duvoux (professeur de sociologie à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, chercheur au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-LabTop), spécialiste des questions de pauvreté, d’inégalités sociales et des politiques publiques), Louis Maurin (Fondateur et directeur de l'Observatoire des Inégalités et du Centre d’observation de la société).

En savoir plus

Le conditionnement du RSA. L’état des services publics, la qualité et l’organisation des soins et de l’éducation. La fiscalité sur l’héritage. Les super-profits, les dividendes et le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital. Le patrimoine immobilier, l’accès au logement, et les dépenses contraintes. Et enfin, l’inflation, les prix à la pompe et les types d’impôts à appliquer sur les carburants. 

C’est bien simple : à l’approche de l’élection présidentielle, la quasi-totalité des sujets en débat renvoient de près ou de loin aux manières d’assurer la solidarité et la réduction des inégalités, que ce soit du côté de la production ou de la consommation, par la redistribution ou l’augmentation des revenus, par les prestations sociales ou les moyens non-monétaires. 

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Le sujet des inégalités sociales est dense. Il a aussi de nombreuses retombées politiques et explique en grande partie les dynamiques électorales. Nicolas Duvoux, professeur de sociologie, et Louis Maurin, fondateur et directeur de l'Observatoire des inégalités éclairent. 

Des difficultés structurelles pour le pouvoir d’achat des ménages redoublées par le choc conjoncturel de la guerre en Ukraine 

La crise en Ukraine, en provoquant une augmentation du prix des hydrocarbures et de certaines denrées alimentaires est selon Nicolas Duvoux un choc structurel qui vient se greffer sur une difficulté structurelle pour les ménages. "Cela risque de grignoter le pouvoir d’achat des ménages qui ont le moins de marge de manœuvre sur leur budget. Le logement consomme une part considérable des revenus disponibles et le prix des dépenses dites contraintes sature le budget de très nombreux ménages". 

La stagnation du pouvoir d’achat des classes moyennes 

Louis Maurin rappelle que le pouvoir d’achat  est un indicateur qui est une moyenne et qui ne correspond pas forcément à l’évolution du pouvoir d’achat des classes moyennes. "Il peut être tiré vers le haut quand une frange aisée de la population s’enrichit par exemple. Le pouvoir d’achat augmente globalement depuis une quinzaine d’année sans que ce soit le cas pour les classes moyennes"

Des années soixante aux années quatre-vingt, la progression du pouvoir d’achat des ménages était de l’ordre de 5%. Depuis les années quatre-vingt, elle est de l’ordre de 1,5 à 2% par an. "La grande phase d’expansion est terminée et les progressions sont plus modestes, mais dans les couches les plus modestes le pouvoir d’achat stagne".

L’alimentation, une variable d’ajustement pour les budgets des ménages 

Pour Nicolas Duvoux, un indicateur doit nous interpeler : près d’un français sur dix a recourt à l’aide alimentaire. "Cela veut dire que pour de très nombreux français, l’alimentation est devenue une variable d’ajustement. On ne peut pas arbitrer sur son logement ou sur l’énergie, mais on peut réduire son budget alimentation"

Nos invités : 

  • Nicolas Duvoux : professeur de sociologie à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, chercheur au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-LabTop), spécialiste des questions de pauvreté, d’inégalités sociales et des politiques publiques. 
  • Louis Maurin : Fondateur et directeur de l'Observatoire des Inégalités et du Centre d’observation de la société.
Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation