Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent pour la deuxième fois au second tour de l'élection présidentielle
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent pour la deuxième fois au second tour de l'élection présidentielle
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent pour la deuxième fois au second tour de l'élection présidentielle ©AFP - Eric Feferberg
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent pour la deuxième fois au second tour de l'élection présidentielle ©AFP - Eric Feferberg
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent pour la deuxième fois au second tour de l'élection présidentielle ©AFP - Eric Feferberg
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Résumé

Ce premier tour de l'élection présidentielle a comme un arrière goût de 2017. Si les résultats sont les mêmes, la carte électorale a quant à elle bien changé.

avec :

Jérôme Fourquet (analyste politique, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l'institut de sondages IFOP.).

En savoir plus

Guillaume Erner reçoit ce matin Jérôme Fourquet pour décrire la carte électorale du premier scrutin de l'élection présidentielle 2022.

Jérôme Fourquet est directeur du département Opinion de l’Ifop, auteur de L’Archipel français (Seuil, 2019), et co-auteur de La France sous nos yeux. Economies, paysages, nouveaux modes de vie (Seuil, 2021).

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Peut-on parler d’une nouvelle France électorale ?

Jérôme Fourquet rappelle que si les candidats arrivés au second tour en 2017 et en 2022 sont les mêmes, les cartes électorales sont elles aussi sensiblement identiques : “On rappellera que aux dernières élections européennes en 2019, c’était déjà ces deux formations politiques : le RN et La République En Marche, qui sont arrivées en tête. Quand on regarde les cartes électorales, il y a un certain nombre d’évolutions, mais on voit que ce nouveau paysage, non encore stabilisé, commence à se dessiner.

Comparer les cartes de 2017 et de 2022

Selon Jérôme Fourquet, il y a des cartes “très semblables pour le Rassemblement National, qui a une géographie très enracinée aujourd’hui. Le RN a certes été un peu concurrencé par la candidature d’Eric Zemmour, notamment en PACA et en partie en Île-de-France, mais le RN n’était déjà pas très puissant dans cette région-là. En revanche pour la République En Marche, ça bouge quand même un petit peu. C’était déjà les grandes villes, la région parisienne et la façade ouest du pays qui avaient donné les meilleurs scores à Emmanuel Macron en 2017. On retrouve ce phénomène aujourd’hui, mais quand on regarde dans le détail, on voit assez rapidement qu’il s’est passé quelque chose d’assez massif. C’est le fait que toute une partie de l’ancien électorat de droite ait rallié, cette année, Emmanuel Macron.

Les partis traditionnels mis à mal

Le directeur du département Opinion de l'Ifop rappelle aussi qu'en 2017, le Parti socialiste avait été largement torpillée par Emmanuel Macron : _ "Vous vous souvenez de la formule de Mélenchon qui disait “Je suis avec Emmanuel Macron, les deux mâchoires du casse-noix, et le parti socialiste est la noix qu’on va écraser”. C'est ce qui s’était passé : le PS était sorti à 6%."  _En 2022, ce sont désormais les Républicains qui se retrouve dans le casse noix, entre d'un côté Le Pen et Zemmour, et de l'autre Macron : "Valérie Pécresse ne reprend que 20% de l’électorat “filloniste”, 17% de cet électorat “filloniste” a choisi cette année Marine Le Pen et 16% Eric Zemmour. Donc une partie significative de la progression de Marine Le Pen provient des renforts d’une partie de l’électorat “filloniste”.”

Jean-Luc Mélenchon, grand gagnant des villes universitaires

Jérôme Fourquet remarque des phénomènes très spectaculaires : “Toute la jeunesse étudiante et le monde universitaire et enseignant se sont massivement portés sur Jean-Luc Mélenchon cette année. Par exemple, il rassemble 37% des voix à Toulouse, une progression de 8 points par rapport à 2017. On est à 33% à Nantes, progression de 8 points, 36% à Rennes, progression de 10 points, à Paris 30%, progression de 10 points, ... Donc une très grande progression dans les grandes métropoles. Il y a une très forte progression aussi dans les banlieues, où il était déjà fort.

À lire aussi : Jérôme Fourquet : "Les sondages sont des outils d'éclairage du débat démocratique"

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Elodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation