Banderole brandie par des partisans de la "primaire populaire" (27 novembre 2021).
Banderole brandie par des partisans de la "primaire populaire" (27 novembre 2021). ©Getty - Gerard Bottino/SOPA Images/LightRocket
Banderole brandie par des partisans de la "primaire populaire" (27 novembre 2021). ©Getty - Gerard Bottino/SOPA Images/LightRocket
Banderole brandie par des partisans de la "primaire populaire" (27 novembre 2021). ©Getty - Gerard Bottino/SOPA Images/LightRocket
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Malgré un énième appel à l’union la semaine dernière, lancé par Anne Hidalgo, les prétendants à l’incarnation d’une gauche française sont toujours aussi multiples et bas dans les sondages.

Pour comprendre les stratégies des différents candidats et comment cette campagne présidentielle s’insère dans l'histoire des gauches occidentales depuis la chute de l’URSS, nous recevons ce matin Christophe Sente, docteur en sciences sociales et politiques, collaborateur scientifique au Cevipol (Centre d'Etude de la Vie Politique) de l’Université Libre de Bruxelles. Auteur de “La gauche entre la vie et la mort. Une histoire des idées au sein de la social-démocratie européenne” aux éditions Le Bord de l’Eau (2021) et Caroline Vigoureux  journaliste politique à L’Opinion.

Des candidats et des candidats potentiels

La Une du journal L’Opinion aujourd’hui titre « Y a-t-il quelqu’un pour sauver la gauche ? ». On y voit Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg mais aussi Ségolène Royal, Christiane Taubira et Bernard Cazeneuve. 

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L’appel d’Anne Hidalgo a eu plusieurs conséquences dont celui de réveiller les velléités de ceux qui n’avaient pas fait leur deuil de leur rêve élyséen. Je pense à Ségolène Royale qui a embrayé dès vendredi on disant qu’elle serait prête à prendre ses responsabilités. Cet appel a surtout remis en scène l’hypothèse Taubira. Cela fait un mois que Christiane Taubira est davantage présente dans le débat public. Caroline Vigoureux

Le désarroi à gauche est tel qu’il re-crédibilise le scénario de l’homme ou de la femme providentielle. Enfin, Bernard Cazeneuve, qui jure qu’il n’a pas envie d’y aller, publie un livre en janvier, ce qui nourrit les rumeurs. Caroline Vigoureux

Une gauche toujours en vie

Christophe Sente rappelle que dans l’histoire de la gauche, on assiste à un épisode qui n’est pas neuf. Depuis le XIXe siècle, on prononce régulièrement l’avis de décès de la gauche. 

Entre la vie et la mort, peut-être, mais ça veut dire pas encore morte. Aujourd’hui, ce qui est remarquable, c’est la crise des organisations. Christophe Sente

Jusqu’à présent il y avait une certaine solidité de ce qu’on appelle le régime social-démocrate, c’est-à-dire une situation dans laquelle il y avait de préférence une dynamique entre parti et syndicats, ou au moins un parti. Aujourd’hui on assiste à une rupture des partis,  à gauche comme à droite, en même temps qu’à une rupture entre les organisations et leurs électorats traditionnels. Christophe Sente