Affiches de campagne présidentielle 2017 de deux candidats de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon.
Affiches de campagne présidentielle 2017 de deux candidats de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon.  ©AFP - Philippe LOPEZ
Affiches de campagne présidentielle 2017 de deux candidats de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon. ©AFP - Philippe LOPEZ
Affiches de campagne présidentielle 2017 de deux candidats de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon. ©AFP - Philippe LOPEZ
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Après le scrutin présidentiel de 2017, les élections européennes de dimanche dernier ont marqué une nouvelle étape dans la recomposition de l’échiquier politique.

Avec
  • Michel Winock Historien, spécialiste de l’histoire de la République française et des mouvements intellectuels contemporains

Après 2017, les élections européennes de dimanche dernier ont marqué une nouvelle étape dans la recomposition de l’échiquier politique. Comme prévu sur le flanc droit, Les Républicains semblent désormais durablement coincés entre le Rassemblement National de Marine Le Pen et les marcheurs d’Emmanuel Macron. Laurent Wauquiez, fragilisé, devra faire preuve d’imagination pour convaincre ses troupes de résister à la double tentation de l’union avec l’extrême-droite et du ralliement à LREM.  De l’autre côté du spectre politique, la surprise est de taille. Alors que l’aspiration de l’électorat social-démocrate par le parti présidentiel devait permettre à La France Insoumise de se placer au centre du jeu, ce sont finalement les écologistes qui sortent gagnants du scrutin. Cette contre-performance met à mal l’ambition de Jean Luc Mélenchon d’incarner la grande figure populiste autour de laquelle la gauche française devait se reconstruire, ce d’autant plus que ses alliés allemands, italiens, espagnols et anglais sont également en recul, signe que le débat sur les grandes orientations de la gauche n’est pas seulement franco-français mais bien européen. En compagnie de l’historien Michel Winock, nous nous placerons dans le temps long pour tenter de comprendre ce qui se joue actuellement entre le PS, les verts et LFI. 

Pour l’historien, l’heure est au bilan au lendemain des élections européennes. Interrogé par Florian Delorme sur l’état de la gauche, Michel Winock nuance d'abord son bilan.

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Il y a un leitmotiv qui consiste à dire que la France est coupée en deux : l’extrême droite contre Macron. On oublie les voix de la gauche. Si on additionne l’ensemble de ses suffrages, on arrive à 32%, c’est-à-dire plus que l’une ou l’autre de ces deux listes vainqueurs. Le problème, c’est que la gauche n’existe pas, dans la mesure où elle est morcelée. Michel Winock

Interrogé par Florian Delorme sur la difficulté qu'a eu la gauche française à bien se faire entendre et à fédérer aux élections européennes, Michel Winock pointe certains facteurs qui ont desservi la gauche dans ces élections européennes : 

Il y a une crise d'identité de la social-démocratie aujourd'hui. Il y a un impératif qui s'impose : c’est l’impératif écologique. Et la gauche se trouve un peu embrassée. Historiquement parlant, il y a une contradiction entre la culture de gauche et l’impératif écologique. En effet, depuis le début, la gauche est saint-simonienne, c’est-à-dire favorable au développement économique et au modernisme industriel, dans lequel elle trouvait son armée c'est à dire le prolétariat industriel. Or nous nous apercevons qu’il y a un antinomie entre l’impératif écologique et la croissance à tout-va. […] Il y aura une sorte de révolution copernicienne à effectuer pour concilier un autre projet que la croissance et la redistribution par la croissance. Michel Winock

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Comme Florian Delorme le rappelle dans l'émission, Europe Ecologie - Les Verts ont créé la surprise en rassemblant le plus de votes après le RN et LREM. Le rassemblement autour du parti écologiste ne semble néanmoins pas d'actualité : 

La nouvelle union des gauches sera très difficile à faire. Aujourd'hui, les verts ont le vent en poupe, ils veulent garder leur autonomie et même leur indépendance. Ils ont un programme et ne veulent pas faire de compromis. Or toute alliance exige le compromis. [...] La gauche rêve peut être d'un nouveau Mitterrand, d'un grand stratège, qui pourra, grâce à ses vertus tactiques, rassembler un nouveau congrès d'Epinay où il s'agirait de rentrer dans cette ère nouvelle, à savoir une gauche écologique et européenne. Michel Winock

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Roman Bornstein
Collaboration
Maïwenn Guiziou
Collaboration
David Jacubowiez
Réalisation