La filiale européenne de la banque publique russe Sberbank risque la faillite, a déclaré la Banque centrale européenne, après les sanctions contre la Russie
La filiale européenne de la banque publique russe Sberbank risque la faillite, a déclaré la Banque centrale européenne, après les sanctions contre la Russie
La filiale européenne de la banque publique russe Sberbank risque la faillite, a déclaré la Banque centrale européenne, après les sanctions contre la Russie ©AFP - Michal Cizek
La filiale européenne de la banque publique russe Sberbank risque la faillite, a déclaré la Banque centrale européenne, après les sanctions contre la Russie ©AFP - Michal Cizek
La filiale européenne de la banque publique russe Sberbank risque la faillite, a déclaré la Banque centrale européenne, après les sanctions contre la Russie ©AFP - Michal Cizek
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Résumé

Inflation des prix, embargo sur les importations, coups portés aux systèmes bancaires. Comment l’économie mondiale est-elle perturbée par les armes économiques utilisées suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ?

avec :

Elie Cohen (Economiste, directeur de recherche au CNRS), Julien Vercueil (Maître de conférences en sciences économiques, INALCO, Rédacteur en chef adjoint de la Revue de la Régulation).

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Les sanctions économiques contre la Russie ne se feront pleinement ressentir qu’à moyen terme. La priver de ses exportations de gaz et de pétrole sont des leviers bien plus efficaces mais aussi plus douloureux pour les pays occidentaux. Quels effets a la guerre économique menée contre la Russie ? Quelles sanctions supplémentaires sont envisageables ?

Guillaume Erner reçoit l'économiste Elie Cohen et le spécialiste de l'espace post-soviétique Julien Vercueil. 

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Nos invités : 

  • Elie Cohen, économiste, directeur de recherche émérite au CNRS, auteur de “Souveraineté industrielle” aux éditions Odile Jacob (2022). 
  • Julien Vercueil, professeur d’économie à l’Inalco, spécialiste de l’espace post-soviétique

L’enjeu des hydrocarbures russes 

En matière d’échanges industriels il serait facilement possible de se passer des Russes, selon Elie Cohen, en revanche en matière énergétique et agricole, non. « Si demain matin il nous prenait la fantaisie de boycotter les importations de pétrole ou de gaz russe, nous aurions beaucoup de mal à remplacer cette source d’approvisionnement. Si demain matin les livraisons de céréales d’Ukraine et de Russie venaient à manquer, des émeutes de la faim en Égypte, en Algérie et ailleurs se déclencheraient sans doute. C’est dire la centralité de ces deux pays pour le commerce de matières premières minérales et agricoles » nous explique l’économiste. 

L’économie russe est fortement fragilisée par l’invasion de l’Ukraine et les premières sanctions. « En réalité la situation en Russie est déjà critique puisque le système financier est déstabilisé par le premier étage des sanctions qui ont été prises et par les comportements financiers des agents économiques russes suite à la guerre » selon Julien Vercueil. « Cette économie maintient un lien avec le reste du monde par ses exportations de pétrole et de gaz. Les deux banques russes les plus impliquées dans le paiement de ces exportations ont été épargnées par le débranchement SWIFT qui a touché sept autres banques. Il reste donc un flux relativement important de devises qui entre tous les jours en Russie grâce à l’exportation de ces matières premières » explique le spécialiste. En revanche, si ces exportations venaient à cesser, l’économie de la Russie serait en situation de crise paroxystique et il y aurait des défauts de paiement en cascades y compris de très grandes entreprises. 

L’étouffement de la banque centrale russe 

La première phases des sanctions prises par l’Europe et les États-Unies à l’égard de la Russie est assez exceptionnelle selon Elie Cohen, car elle combine trois types de mesures pour exercer une pression maximale sur le système financier russe et sur le pouvoir d’achat des russes. « La première technique utilisée est de priver la banque centrale russe des outils de la politique monétaire. Le deuxième moyen d’action est la défense de la monnaie qui concerne la politique de change. Le troisième moyen mis en place est la fluidité des échanges gênée avec l’opération SWIFT » détaille-t-il. « La banque centrale est dans une situation d’étouffement progressif. Cela impacte les conditions du crédit en Russie avec des taux d’intérêt court montés à 20%, et la capacité à acheter des biens à l’étranger avec la dévaluation du rouble de près de 50% qui se retrouve dans l’inflation intérieure ». 

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation