Photographie de l'économiste Jacques Attali prise en 2019
Photographie de l'économiste Jacques Attali prise en 2019 ©AFP - Ludovic MARIN
Photographie de l'économiste Jacques Attali prise en 2019 ©AFP - Ludovic MARIN
Photographie de l'économiste Jacques Attali prise en 2019 ©AFP - Ludovic MARIN
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Qu’en retenir ? Faut-il y voir un tournant dans le quinquennat ? A quoi ressemblera le monde d’après ?

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Pour la quatrième fois depuis le début de l’épidémie, Emmanuel Macron s’est adressé ce dimanche aux français dans une allocution télévisée très attendue. Au-delà des nouvelles mesures de déconfinement, il y dessine les contours d’une ère qu’il promet nouvelle. Relance économique, unité de la République, décentralisation… moins de deux ans avant l’échéance présidentielle, faut-il y voir un tournant ? Que retenir de cette allocution ? Le monde d’après, c’est maintenant ?

Pour en parler, nous recevons Jacques Attali, fondateur et président de “Positive Planet” et écrivain, auteur notamment de “L’économie de la vie” (Fayard) 

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Réécrire l'histoire : la Corée du Sud, exemple de gestion de la pandémie ? 

" C’est toujours facile de réécrire l’histoire après coup. On ne peut pas non plus se placer  uniquement dans un contexte français ou européen. J'ai essayé de comprendre qui s’en est le mieux sorti. Et si nous avions suivi le modèle de la Corée du Sud, nous n’aurions pas confiné. Si au lieu d’être focalisé sur la Chine et si nous n'avions cru que les Chinois soient les meilleurs du Monde, on aurait en France sans doute pas réagi comme les Chinois et par un confinement général." 

Je constate que ceux qui ont suivi la méthode « masques, tests et traçage » et qui n’ont pas arrêté l’économie ont eu moins de morts. Et nous aujourd’hui, nous sommes encore focalisés pour savoir si nous faisons aussi bien que nos voisins. Mais il faut regarder à l’échelle mondiale plutôt qu’à l’échelle européenne seulement. Jacques Attali

Une crise insoluble ? 

Cette crise est la plus grave ne serait-ce que par les chiffres économiques et sociaux qui sont plus importants. On a un effondrement de l’économie mondiale au même niveau que lors de la crise de 1929 sauf que la récession a été connue en quelques mois et non en quelques années. En termes d’emplois, les conséquences sont gigantesques. C’est une crise qui est la plus grave depuis que l’on mesure les crises. Et celle-ci est loin d’être finie. Jacques Attali

" Nous avons une crise énorme devant nous et pour en sortir, il ne faudra pas se contenter de ce que l’on fait aujourd’hui. La dette ne suffira pas à régler les problèmes de fond. C’est une crise qui mérite de prendre conscience qu’il y a des secteurs qui méritent plus que d’autres d’investissements. Il faut un changement de modèle à ce niveau là."

Il faut consacrer une part beaucoup plus importante de nos ressources à se former, s’informer et construire. Jacques Attali

Redistribution des rôles géopolitiques à l'échelle internationale 

"Les moyens qu’a mis l’Europe en commun sont dérisoires face à la crise. Nous sommes extrêmement loin des moyens dont nous devrions disposer. L’Europe a pourtant tout ce qu’il faut pour devenir la superpuissance."

Il faut que nos économies mais aussi les banques se demandent si leurs investissements sont utiles à la vie. (...) La vraie superpuissance géopolitique de notre époque est peut-être la nature. Elle doit désormais imposer et dicter ces règles. Jacques Attali

" Beaucoup de gens disent que nous assistons à une accélération du basculement un pouvoir mondial des États-Unis vers la Chine. Moi je n’y crois pas. La Chine a montré pendant cette crise beaucoup de failles. La Chine ne pourra pas prendre ce leadership tant qu’elle sera un régime autoritaire."

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

La Bulle économique
7 min

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