Photo prise le 9 juin 2016, qui montre des casques blancs et des habitants évacuant des résidents dont l'immeuble à Alep a été touché par une attaque aux barils d'explosifs
Photo prise le 9 juin 2016, qui montre des casques blancs et des habitants évacuant des résidents dont l'immeuble à Alep a été touché par une attaque aux barils d'explosifs
Photo prise le 9 juin 2016, qui montre des casques blancs et des habitants évacuant des résidents dont l'immeuble à Alep a été touché par une attaque aux barils d'explosifs ©AFP - AMEER AL-HALBI
Photo prise le 9 juin 2016, qui montre des casques blancs et des habitants évacuant des résidents dont l'immeuble à Alep a été touché par une attaque aux barils d'explosifs ©AFP - AMEER AL-HALBI
Photo prise le 9 juin 2016, qui montre des casques blancs et des habitants évacuant des résidents dont l'immeuble à Alep a été touché par une attaque aux barils d'explosifs ©AFP - AMEER AL-HALBI
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Résumé

Dix ans après le début de la guerre en Syrie, des reporters de guerre témoignent et racontent un conflit qui semble sans fin.

avec :

Garance Le Caisne (journaliste indépendante), Jean-Pierre Perrin (grand reporter à Libération).

En savoir plus

Dix ans après les premières contestations du Printemps arabes en Syrie et la révolte qui a éclaté après la découverte de faits de torture sur des adolescents, le conflit perdure.  On compte aujourd'hui des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Le journaliste et ancien Grand reporter pour Libération Jean-Pierre Perrin et  la journaliste indépendante Garance Le Caisne ont documenté cette guerre pendant des années et viennent aujourd'hui raconter. Ils sont rejoints par Jean-Philippe Rémy, journaliste au Monde, auteur du podcast “Guerre chimique en Syrie”, Mécanique du journalisme saison 5 disponible à partir du lundi 15 mars, sur franceculture.fr.

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Une guerre au retentissement mondial

Quand on est face à un pays en état de ruine absolu, le fait d’avoir eu un recours aux armes chimiques, qui a été nié effrontément, permet de voir que le pays demeure le pivot autour duquel s’organisent des rapports de forces entre les occidentaux, la Syrie, l’Iran, etc.. Jean-Philippe Rémy

C’est un pays ravagé, les habitants ont souffert de manière abominable mais il faut garder en tête que la Syrie est importante pour nous tous. On est au cœur de quelque chose qui nous touche de manière profonde au delà des questions extérieures sur le terrorisme. Jean-Philippe Rémy

La Syrie a été la porte d’entrée de la Russie pour se reconstituer un territoire dans le monde arabe. Lorsque Obama est revenu sur sa promesse en n’intervenant pas en Syrie, le Moyen Orient est devenu un "open bar " où les Russes se servent comme ils veulent, de la Libye à la Syrie. Pour un dictateur ce n’est pas acceptable qu’une autre dictature tombe par un mouvement populaire. D’où ce soutien entre pays autoritaires. Jean-Pierre Perrin

La responsabilité de Bachar el-Assad

C’est un pays qui a perdu sa souveraineté. Le nationalisme a toujours été une carte exacerbée dans la politique syrienne et en particulier chez Hafez el-Assad. Nous avons un régime aujourd’hui qui a vendu sa souveraineté aux Russes et aux Iraniens. S’ils partaient demain le régime s’effondrerait. Il a perdu énormément d’hommes et a besoin des milices iraniennes et de l’aviation russe. Jean-Pierre Perrin

Daech doit à Bachar al Assad la libération d‘un certain nombre de prisonniers, d’ententes quasi-secrètes. Il y a eu des accords sur des raffineries de pétrole entre Daech et le régime. C’est très important de savoir que le régime avait accès au pétrole des zones contrôlées par Daech. Jean-Pierre Perrin

On peut dire que l’utilisation des armes chimiques par le régime de Damas est incontestée. Il y a assez de preuves à ce sujet, l’historique de la conception du programme en Syrie qui à l’origine n’était pas sensé être utilisée contre des civils. Jean-Philippe Rémy

Bachar règne sur des ruines, sur un pays dévasté. Même si les Russes poussent le régime a des négociations et une moindre opposition du régime, Bachar dirait non. Il refuse systématique toute opposition, même la plus modérée. Jean-Pierre Perrin

Le peuple syrien entre misère et lutte

Un tiers de la population syrienne est exilée ou déplacée. On est à la limite de la famine dans certaines régions, ce qui est incroyable aujourd’hui. L’aide alimentaire est détournée par le régime lui-même pour ses propres fins. Il y a des villes entièrement détruites, à Homs, vous voyez un décor qui fait penser à Berlin en 1945. Jean-Pierre Perrin

Les attaque chimiques ont fait moins de morts que les bombardement, les arrestations arbitraires et les tortures. Le régime a détruit la moitié de son pays, il y a 100 000 personnes disparues aujourd’hui. C’est beaucoup plus que les victimes des attaques chimiques. Les principaux crimes du régime ce sont ces bombardement qui ont rayé des localités de la carte, ces disparitions après des détentions arbitraires. Garance Le Caisne

Les retombées du procès de Coblence

Il y a aujourd’hui une sorte de déplacement de la guerre puisque les activistes syriens, avocats et militants qui n’ont pas été arrêtés et torturés à mort, se sont exilés. Une fois en Europe, ils ont continué le combat pour réclamer justice et ont déposé plainte dans les tribunaux internationaux. Garance Le Caisne

Grâce à un mécanisme judiciaire qui s’appelle la compétence universelle, des Syriens peuvent porter plainte pour des crimes commis en Syrie par des Syriens. À Coblence, il y eu un premier procès, en février dernier, un homme a été condamné pour complicité de crime contre l’humanité. Garance Le Caisne

C’est historique parce que pour la première fois et pendant des semaines, il y a eu le décryptage du comportement du régime syrien. Il y a eu l’explication de son fonctionnement, et ce premier verdict va en entraîner une série d’autres. Il faut qu’il y ait une justice pour les Syriens. Déposer plainte c’est une manière de se sentir écouter, de diminuer leur souffrance. Garance Le Caisne

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Elodie Piel
Collaboration
Léa Capuano
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation