Emmanuel Macron lors d'une cérémonie en hommage aux soldats morts lors de l'opération Barkhane (24 septembre 2021)
Emmanuel Macron lors d'une cérémonie en hommage aux soldats morts lors de l'opération Barkhane (24 septembre 2021) ©AFP - Stéphane Mahé
Emmanuel Macron lors d'une cérémonie en hommage aux soldats morts lors de l'opération Barkhane (24 septembre 2021) ©AFP - Stéphane Mahé
Emmanuel Macron lors d'une cérémonie en hommage aux soldats morts lors de l'opération Barkhane (24 septembre 2021) ©AFP - Stéphane Mahé
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À l'heure de la recomposition des blocs politiques, quelle est la force du clivage traditionnel entre gauche et droite ?

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Dans deux ouvrages, Marcel Gauchet, s’attaque au vaste sujet de l’organisation du champs politique français. Dans La Droite et la gauche. Histoire et destin (Gallimard, « Le Débat »), il remonte dans l’histoire pour se saisir sur un plan théorique de la dualité qui organise la vie publique. Dans Macron, les leçons d’un échec. Comprendre le malheur français II (Stock), livre d’entretiens avec le journaliste Éric Conan et le philosophe François Azouvi, il applique ses points de vue au quinquennat d’Emmanuel Macron. 

Le philosophe et historien ne nie pas que la période soit à des changements profonds. Le populisme comme nouvelle forme de mobilisation, la difficulté pour la droite comme pour la gauche de se maintenir comme blocs politiques, l’écologie comme nouveau sujet et l'explosion des structures classiques d’encadrement sont des phénomènes bien réels. Mais, continue-t-il, la division entre droite et gauche se renouvelle encore et toujours, ce que confirment différentes études d’opinion et analyses récentes. 

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Quels sont les blocs sociaux et politiques, quelles sont les thématiques et les signifiants symboliques, qui “feront”  la prochaine élection présidentielle ? Leur formation semble en tout cas encore en cours, ce qui n’est pas sans susciter de nombreuses tensions dans la société civile et la classe politique. 

Un clivage nouveau ? 

Il y a un changement moins des identités politiques que des sensibilités. Le partage entre modérés et radicaux devient organisateur dans l 'ensemble du champs politique. Dans tout le spectre. Le vrai clivage aujourd'hui, départage visiblement un mouvement de plus en plus porté vers le compromis, voir la dépolitisation, la technicisation, propre au macronisme notamment, et une tendance radicale. Une volonté de rupture contre une volonté de conciliation. 

La dépolitisation et la radicalisation vont de pair. On entend la radicalité parce que par définition, elle parle plus fort. Mais le mouvement de fond c'est aussi la dépolitisation. 

De quoi l'abstention est-elle le nom ? 

L'abstention est aussi divisée que le reste du champ politique. Il y a une abstention de colère, qui peut déboucher par exemple sur les Gilets jaunes, une abstention de dépolitisation et enfin une abstention légitimiste - ceux qui se demandent ; "Qu'est ce que ça m'apporte?" 

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