Installation artistique représentant 'L'Homme de Tiananmen' de l'artiste taïwanais Shake à Taïwan.
Installation artistique représentant 'L'Homme de Tiananmen' de l'artiste taïwanais Shake à Taïwan.
Installation artistique représentant 'L'Homme de Tiananmen' de l'artiste taïwanais Shake à Taïwan. ©AFP - Bloomberg
Installation artistique représentant 'L'Homme de Tiananmen' de l'artiste taïwanais Shake à Taïwan. ©AFP - Bloomberg
Installation artistique représentant 'L'Homme de Tiananmen' de l'artiste taïwanais Shake à Taïwan. ©AFP - Bloomberg
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Résumé

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, l'armée réprime le mouvement d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois, qui dénonçait la corruption et demandait des réformes politiques et démocratiques depuis la mi-avril.

avec :

François Bougon (journaliste, responsable du service international de Mediapart), Anne Kerlan (Historienne de la Chine et du cinéma chinois), Jean-Luc Domenach (sinologue).

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Ce mardi 4 juin marque le trentième anniversaire de la répression par les autorités chinoises du mouvement de Tiananmen. Alors qu’on prédisait que le parti communiste serait mécaniquement balayé par le développement économique et l’arrivée d’internet, son emprise sur la Chine semble au contraire plus forte que jamais. Comment Xi Jinping contrôle-t-il le pays le plus peuplé du monde ? 

À lire : Tiananmen : pourquoi le printemps de Pékin a échoué

Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture, Guillaume Erner reçoit François Bougon, Anne Kerlan et Jean-Luc Domenach. 

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La Chine d’aujourd’hui :

Il  y a le sentiment que la Chine est une forteresse assiégée…. Tout est  fait pour que la Chine se développe économiquement… Il y a toujours des manifestations en Chine, d’ouvriers, de citoyens sur des questions liées à  l’environnement. Ce qui ne se produit pas, c’est une coalition de tous ces mécontentements. François Bougon.

Xi Jinping a investi le champ idéologique, il a investi le champ des idées… Pour lui, la bataille culturelle, la bataille des idées, est très importante pour contrôler la situation. François Bougon.

Xi Jinping a décidé de tout remettre sur un secteur public très fort avec des champions publics nationaux. François Bougon.

Malheureusement,  ce qui a commencé à intéresser les Occidentaux et ça n’a pas cessé,  c’est la question du marché, l’aspect économique de la Chine et les questions de  démocraties et des droits de l’homme, beaucoup moins. Anne Kerlan.

Je m’inquiète c’est tout ce qui concerne les droits du travail, la situation des Ouïgours (1 million de Musulmans chinois actuellement retenus dans des camps dont beaucoup  sont des intellectuels, justement ceux qui, par leur culture, leur  connaissance de l’histoire, pouvaient permettre aussi une transmission),  la question taïwanaise… Anne Kerlan

Xi  Jinping a réussi à maintenir un équilibre entre différents mouvements  de contestations (des mouvements tellement éparpillés qu’ils ne peuvent faire masse) et ça  fait partie de l’habileté de Xi Jinping d’intégrer une partie de ces  mouvements. Anne Kerlan

Je crois que les Européens ont enfin compris que la naïveté avec la Chine n’était plu de mise. François Bougon.

Il y a 30 ans, Tienanmen :

Il y a eu une période entre 1987 et 1989 où on pouvait rentrer dans les cafés et discuter de tout. Autant des femmes que de la révolution, c’était un moment où la parole s’était ouverte. Jean-Luc Domenach.

Au moment des manifestations de Tienanmen, il y a la visite très importante de  Mikhaïl Gorbatchev, symbole de la fin de l’Union soviétique (1989, chute du mur de Berlin) et les dirigeants chinois ne souhaitent pas ce que ça arrive. C’est le premier dirigeant soviétique à venir en Chine depuis très longtemps. Cette visite a fait un peu désordre. Anne Kerlan.

Le modèle du 4 mai 1919 (soulèvement d’étudiants à Pékin / événement fondateur du nationalisme chinois), célébré par le Parti Communiste chinois, est très important pour ces étudiants de Tienanmen… Anne Kerlan.

La France a vu les évènements de Tienanmen avec beaucoup de sympathie et a d’ailleurs accueilli, après, beaucoup d’étudiants exilés. Anne Kerlan.

Tiananmen est le moment où le pouvoir a failli perdre la main. François Bougon

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Roman Bornstein
Collaboration
Maïwenn Guiziou
Collaboration
David Jacubowiez
Réalisation