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La crise sanitaire a été un moment de remise en question du rapport au travail, surtout chez les jeunes. Télétravail, entreprises de proximité, recherche de sens et d'équilibre de vie font partie aujourd'hui de leurs nouvelles attentes.

Avec
  • Jérémie Peltier directeur des études de la Fondation Jean-Jaurès
  • Maëlezig Bigi Sociologue, maitresse de conférences, chercheuse affiliée au Centre d’études de l’emploi et du travail
  • Bruno Mettling Président-fondateur du cabinet de conseil Topics, ex-directeur général adjoint en charge des ressources humaines chez Orange

Jérémie Peltier, Bruno Mettling et Maëlezig Bigi sont les invités des Matins pour commenter l'étude de la Fondation Jean Jaurès intitulée " Les jeunes et l'entreprise : quatre enseignements" publiée le 21 novembre 2022.

La crise sanitaire : moment de réflexion et de prise de distance

Bruno Mettling souligne que le rapport au travail a évolué : “ce n’est pas que les jeunes considèrent que le travail n’a pas de valeur importante, n’a pas un rôle central dans leur future vie, mais ils ne souhaitent pas qu’il ait la place qu’il a eu pour leurs aînés. Le message des jeunes, c’est qu’ils souhaitent un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.”

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Maëlezig Bigi explique qu’aujourd’hui, les jeunes ont des “ambitions de vie plus polycentrées, avec différentes sphères de vie où le travail est moins central, même s’il reste important. Il y a une notion de rééquilibrage qu’on peut inscrire dans un temps assez long.” La crise sanitaire a pu être un catalyseur de cette réflexion : “peut-être qu’elle a permis une forme de prise de recul sur la place du travail et son sens, et peut-être que cela peut contribuer à ce rééquilibrage, même si on manque pour le moment de recul temporel et de données pour alimenter cette hypothèse.”

Pour Jérémie Peltier, la crise sanitaire a marqué un tournant, “un moment d’interrogation sur le travail, sur la qualité de vie au travail, sur la place du travail dans la vie des individus. Il y a eu comme une relativisation de la place du travail dans la vie des jeunes. Il est moins statutaire, moins identitaire. Il y a une dimension sacrificielle qui existe beaucoup moins qu’avant. Les jeunes recherchent une meilleure conciliation entre la vie personnelle et la vie professionnelle.” L’auteur de l’étude de la Fondation Jean-Jaurès souligne que les confinements ont été un moment pour “prendre de la distance par rapport au travail, de réinvestissement de la sphère familiale, de la sphère privée, et de nouvelles habitudes.”

De nouvelles attentes

Comme l’explique Jérémie Peltier, le modèle d’entreprise le plus recherché est l’entreprise locale, “en miroir de la start-up d’une part, et de l’entreprise du CAC 40 d’autre part, considérées comme des entreprises. Il y a une demande d’enracinement des jeunes générations. 30 % disent vouloir rester plusieurs années dans la même entreprise, ce qui montre un désir de sérénité, de stabilité.”

Bruno Mettling estime quant à lui, que “l'entreprise doit prendre acte, pour attirer des jeunes talents, qu’il faut penser une relation beaucoup contractuelle, équilibrée, plus saine. Le message qui est derrière, c’est quand même que les entreprises doivent accepter de revisiter leur regard et le type de relation, de contrat-confiance, avec ceux qui les rejoignent.”

Maëlezig Bigi souligne que, concernant le travail chez les jeunes, “il y a une forte attente de sens : respecter ses valeurs, se développer et faire quelque chose d’utile” professionnellement.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Lucas Bretonnier
Production déléguée
Élodie Piel
Collaboration
Roxane Poulain
Collaboration
Audrey Dugast
Collaboration
Charlotte Geoffray
Collaboration
Théo Bessard
Collaboration