.
.
. ©Getty - Universal Images Group
. ©Getty - Universal Images Group
. ©Getty - Universal Images Group
Publicité
Résumé

Les urgences sont à bout de souffle après deux ans de covid et avant un été qui s’annonce caniculaire.

avec :

François Crémieux (Directeur de l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM)), Béatrice Jérôme (Journaliste au Monde, chargée de la rubrique grand âge, allongement de la vie).

En savoir plus

Partout en France, des CHU de métropoles, aux petits hôpitaux locaux, des services d’urgence ferment partiellement, faute d’effectifs. Une situation critique pour les patients et les urgentistes surchargés - qui ne serait que le symptôme d’un hôpital à bout de ressources et d’effectifs.

Deux ans après le covid, les urgences dénoncent les mêmes problèmes structurels malgré les annonces gouvernementales, et préviennent d’une catastrophe à venir avec l’été. De la canicule, les personnes âgées seront les premières victimes, faute de prise en charge et de moyens. Depuis le scandale d’Orpea, les Ehpad sont aussi en première ligne.

Publicité

Nos invités :

  • François Crémieux : directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille
  • Laurent Garcia : cadre de santé d’un Ehpad à Bagnolet et fondateur de l’Observatoire du grand âge avec Florence Aubenas. Témoin clé du livre de Victor Castanet « Les Fossoyeurs » (Fayard, 2022)
  • Béatrice Jérôme : journaliste au Monde, chargée de la rubrique grand âge, allongement de la vie

Un système de santé en crise

François Crémieux explique que le problème existait bien avant la crise du Covid. “Les urgences étaient déjà en situation de grandes tensions avant la crise du covid. La crise du covid est passée par là et on a aujourd’hui effectivement un certain nombre de médecins qui décident soit de quitter l’hôpital, soit de réduire leur temps de travail, soit de partir faire autre chose. Dire que tout ça est symptomatique de la crise, je crois que c’est un des grands malentendus.

Le problème part plutôt du système de santé que des hôpitaux, selon lui. “Les urgences ne sont pas tant le symptôme d’un hôpital en crise que le symptôme d’un système de santé en crise dans lequel il n’y a plus que l’hôpital. Et au sein de l’hôpital il n’y a plus que les services d’urgences pour vous accueillir jours et nuits sans rendez-vous quelque soit la pathologie dont vous souffrez et son niveau d’urgence.

François Crémieux pense qu’une charge de services d’urgence devrait être mise en place. Il nous explique : “Je pense que nous devrions avoir par exemple une charge des services d’urgences. Une charge des soins pour l’ensemble de nos concitoyens - quelque soit l’heure, du jour et de la nuit - qu’ils soit répartis entre un beaucoup plus grand nombre de médecins. Il est nécessaire que l’ensemble de la médecine de ville - les médecins généralistes, les médecins spécialistes qui sont en ville - retrouvent collectivement une contribution et peut-être une obligation à contribuer à ce que l’on appelle la permanence des soins. L'idée est de ne plus compter seulement sur les urgences hospitalières, ou que sur celles des très gros hôpitaux, parce que les petits sont en difficultés pour vous accueillir la nuit.

Parler d'Ehpad d’aujourd’hui

Laurent Garcia nous explique que la crise du Covid a permis de lever le voile sur la situation des Ehpad. “La vieillesse ça fait peur, la vieillesse ça fait très longtemps qu’on l’a mise de côté. On a mis un voile par-dessus et la covid a fait qu’on a commencé à parler des Ehpad et c’est tant mieux. Le problème c’est que moi pendant deux ans j’ai entendu parler de l’Ehpad de demain et en fait c’est un peu flippant parce qu’on pourrait parler de l’Ehpad d’aujourd’hui.

Le manque d’effectifs est l’une des difficultés rencontrées dans les Ehpad : “On a de moins en moins de soignants, on a pas assez d’effectifs. Depuis la sortie du livre ["Les Fossoyeurs" de Victor Castanet] et depuis la covid, beaucoup de soignants m’appellent en me disant “Monsieur Garcia, je dépose la blouse, je n’en peux plus.” Après ces deux années, les soignants sont épuisés, fatigués, ils n’en peuvent plus. Et ce qu’on leur propose à l’heure actuelle, c’est des contrôles. Vous imaginez ! On est épuisé, mais on va vous contrôler, c’est pas pensable !

Parmi les solutions à apporter rapidement, Laurent Garcia souligne l’augmentation du ratio des soignants : “Évidemment qu’on aimerait avoir un infirmier de nuit mais je pense qu’à l’heure actuelle augmenter le ratio des soignants serait beaucoup plus important que d’avoir un infirmier la nuit.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Jules Crétois
Collaboration
Pauline Chanu
Production déléguée
Vivien Demeyère
Réalisation
Delphine Lerner
Stagiaire
Caroline Payen
Stagiaire
Élodie Piel
Collaboration