Paris, le 2 mars 2022, le président français Emmanuel Macron s'exprimant depuis l'Élysée.
Paris, le 2 mars 2022, le président français Emmanuel Macron s'exprimant depuis l'Élysée. ©AFP - LUDOVIC MARIN
Paris, le 2 mars 2022, le président français Emmanuel Macron s'exprimant depuis l'Élysée. ©AFP - LUDOVIC MARIN
Paris, le 2 mars 2022, le président français Emmanuel Macron s'exprimant depuis l'Élysée. ©AFP - LUDOVIC MARIN
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Comment vivre en temps de crise perpétuelle ? Frédéric Worms est l’invité de la première partie des Matins.

Avec
  • Frédéric Worms Professeur de philosophie contemporaine à l’ENS, directeur adjoint du département des Lettres et membre du Comité consultatif national d’éthique, producteur à France Culture

Du débat sur comment vivre avec le covid, à celui sur comment vivre sous la menace nucléaire, les crises semblent s’enchaîner. Comment vivre en temps de crise perpétuelle ? Après les mauvaises nouvelles, laissons place à la réflexion avec Frédéric Worms, professeur de philosophie contemporaine à l’ENS, producteur à France Culture, auteur de “Vivre en temps réel” (Bayard, 2021).

L’importance de la dimension temporelle d’un événement 

"Le pire est à venir" a dit Emmanuel Macron jeudi 3 mars après un échange téléphonique avec Vladimir Poutine. Frédéric Worms attire l’attention sur l’importance de la dimension temporelle d’un événement grave : "Quand on dit "le pire est à venir", on conçoit qu’il faut à la fois anticiper, dans un rapport au temps fait d’inquiétude, et en même temps ce rapport au temps est indéterminé, on ne connaît pas vraiment cet à venir qui nous attend, ce qui ajoute une souffrance". 

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Vivre en temps réel, selon Frédéric Worms, c’est d’abord vivre un événement pendant qu’il se déroule, sans pouvoir vraiment agir dessus et tout en sachant qu’il change. "C’est aussi peut-être la définition de notre époque où nous n’attendons en apparence que du pire. J’y vois aussi un rapport au passé, parce que dans ce type de pire qui revient aujourd’hui, on sent aussi une répétition. La dimension temporelle fait partie intégrante de ce qui nous arrive et de notre capacité à le comprendre et à agir". 

Un effort politique de structuration du temps 

Pour Frédéric Worms, la gravité des évènements est aussi une boussole. "On ne vit pas une surenchère médiatique avec des évènements qui apparaissent en continu un peu pour nous exciter artificiellement, on sent là qu’il y a du réel qui nous affecte dans notre vie", explique-t-il. 

Malgré la grande incertitude qui caractérise notre présent, un effort de structuration du temps émane du politique. "Emmanuel Macron formule ce "pire à venir", un petit peu comme pendant la pandémie qui était aussi chargée d’incertitude, pour structurer notre rapport au temps, pour nous prévenir en quelque sorte. La prévention est aussi de la prévenance. Il y a un effort de structuration du temps qui fait partie du politique" insiste Frédéric Worms. "On nous prévient mais on ne sait pas exactement de quoi. Je pense que c’est un peu le défi de notre époque" nous dit-il. 

L'équipe

Chloë Cambreling
Chloë Cambreling
Chloë Cambreling
Production
Caroline Payen
Stagiaire
Delphine Lerner
Stagiaire
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Pauline Chanu
Production déléguée
Jules Crétois
Collaboration
Élodie Piel
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation