Des Iraniens brandissent des slogans hostiles à Trump, vendredi 11 mai à Téhéran.
Des Iraniens brandissent des slogans hostiles à Trump, vendredi 11 mai à Téhéran.  ©AFP - Stringer
Des Iraniens brandissent des slogans hostiles à Trump, vendredi 11 mai à Téhéran. ©AFP - Stringer
Des Iraniens brandissent des slogans hostiles à Trump, vendredi 11 mai à Téhéran. ©AFP - Stringer
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La tension est montée d'un cran ces derniers jours entre l'Iran et Israël sur le plateau du Golan tandis que l'incertitude plane sur les conséquences du retrait américain de l'accord sur le nucléaire. Pour Bernard Hourcade, géographe et spécialiste de l'Iran, les enjeux sont surtout économiques.

Avec
  • Bernard Hourcade directeur de recherche émérite au CNRS et au centre de recherche monde iranien et indien, membre du comité de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal.

Semaine d’escalade au Moyen-Orient : jeudi, l’armée israélienne a riposté à des tirs de roquettes sur le Golan en visant des installations iraniennes en Syrie. Cette attaque a eu lieu à peine 48 heures après l’annonce par Donald Trump du retrait de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran... Sporadique depuis des mois, la tension a donc atteint cette semaine un niveau élevé entre l’Iran et l’Etat hébreu, de quoi faire redouter un embrasement. De son côté, l’Iran, qui là aussi en l’espace de deux jours a subi deux attaques contres ses intérêts dont les conséquences sont imprévisibles, redoute les sanctions économiques qui découlent du retrait américain... 

L'invité de la matinale : le géographe Bernard Hourcade

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L'Iran, pays puissant avec une bourgeoisie moyenne nouvelle, veut apparaître désormais comme un pays normal, veut commercer normalement, envoyer des films à Cannes etc. Pour l'Arabie et Israël c'est un danger ; non pas un danger militaire, mais un danger sur le fond, un danger politique.

Le modèle que propose l'Iran aujourd'hui, premier pays à avoir expérimenté l'islam politique, c'est la République islamique. (...) L'Iran n'est pas une démocratie mais les Iraniens, eux, sont démocrates. 

Les entreprises Peugeot et Renault sont implantées Iran. Bernard Hourcade rappelle la dimension économique des enjeux de l'accord :  

Le débat aujourd'hui n'est plus politique, il est économique. L'enjeu est de mettre en place un système économique pour protéger les entreprises en Iran. 

En direct de Téhéran par téléphone : le témoignage de l'écrivaine Fariba Hachtroudi sur les réactions de la population iranienne depuis la décision de Trump :  

Les manifestations du vendredi 10 mai n'étaient pas de grande ampleur. Cela ne veut pas dire qu'il y a pas un sentiment anti-Trump très fort, et je ne dis pas anti-américain. 

Les Iraniens ont peur d'un renforcement du pouvoir des durs du régime. Ils s'inquiètent des "jusqu'au boutistes" qui pourraient aller dans le sens de Trump. 

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