Alexandra David-Néel (1868-1969) sera la première femme occidentale à pénétrer au Tibet en 1924.
Alexandra David-Néel (1868-1969) sera la première femme occidentale à pénétrer au Tibet en 1924. ©Getty - Bettmann
Alexandra David-Néel (1868-1969) sera la première femme occidentale à pénétrer au Tibet en 1924. ©Getty - Bettmann
Alexandra David-Néel (1868-1969) sera la première femme occidentale à pénétrer au Tibet en 1924. ©Getty - Bettmann
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C'est l'exploratrice et orientaliste Alexandra David-Néel que Gregory Philips souhaite voir entrer au Panthéon, afin de rendre hommage à un destin hors norme et d'honorer une personnalité synonyme d’ouverture sur le monde, et d’aventure.

J’aurais pu choisir Bruce Springsteen mais il m’a semblé que la place du Boss était plus au Rock and Roll Hall of Fame, ou bien dans le New Jersey, qu’au Panthéon. J’aurais pu aussi citer Boris Vian, ou encore le boxeur Mohamed Ali. Mais profitant de ces quelques jours de vacances de Noël, j’ai organisé une réunion avec mes filles âgées de 6 et 13 ans, et ensemble on a cherché une femme qui nous parlait à tous les trois. Et après voir consulté ces livres qui retracent le destin de femmes exceptionnelles ayant marqué l’Histoire, nous sommes tombés d’accord sur Alexandra David-Néel. Exploratrice, orientaliste, féministe, un destin totalement hors norme et qui aujourd’hui encore est synonyme d’ouverture sur le monde, et d’aventure.

Une passion tibétaine

C’est le récit de son périple a pied pendant cinq mois a travers la Chine et le Tibet en 1924, déguisée en mendiante puis en moine, le visage recouvert de suie, vêtue d’une toque de fourrure traditionnelle, elle arrive à Lhassa, capitale tibétaine alors interdite aux étrangers. Elle pénètre dans la cité interdite. Alexandra David-Néel a alors 56 ans, mais ca fait plus de 30 ans qu’elle voyage en Inde, au Sikkim, en fait à travers toute l’Asie. Sa passion pour ce continent et sa conversion au bouddhisme à l’âge de 21 ans remontent à l’enfance, à une visite au Musée Guimet à Paris. La petite fille porte alors le nom de Louise Eugenie Alexandrine Marie David, le nom de Néel étant celui de son époux.

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Puis viendra une retraite de cinq années ans au Tibet pour celle qui est devenue une orientaliste reconnue, y compris par les autorités spirituelles tibétaines et le 13e Dalaï Lama.

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Il faudrait aussi évoquer sa carrière de chanteuse lyrique entre 1895 à 1902. Sous le pseudonyme d’Alexandra Myrial, elle sera notamment engagée comme soliste à l’Opéra de Hanoi pour deux saisons. De là aussi sans doute lui est venu le goût des voyages. Il faudrait évoquer encore ses écrits féministes et anarchistes. Son implication dans la franc-maçonnerie. Si, dans mon enfance, j'ai été profondément marqué par les récits de l’aventurier américain Jack London, je pense qu'Alexandra David-Néel était de la même trempe. Avant de mourir à 101 ans, le 8 septembre 1969 à Dignes-les-Bains où elle était retirée depuis de nombreuses années, Alexandra David-Néel aura ouvert la voie à de nombreux explorateurs et exploratrices, et écrivains voyageurs - de Nicolas Bouvier à Sylvain Tesson en passant par Priscilla Telmon, qui, au Tibet, a marché sur ses traces. C'est pour toutes ces raisons que faire entrer au Panthéon cette femme de grande liberté et d’indépendance, mais aussi au très fort caractère, est une idée qui me plait.

Gregory Philipps, directeur adjoint de la rédaction de France Culture