Flora Tristan (1803-1844)
Flora Tristan (1803-1844)
Flora Tristan (1803-1844) ©Getty - API/Gamma-Rapho
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Flora Tristan (1803-1844) ©Getty - API/Gamma-Rapho
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Résumé

C'est Flora Tristan (1803-1844), enfant de la Révolution française, militante féministe et figure du mouvement ouvrier qu'Olivia Gesbert a choisi de faire entrer au Panthéon.

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C'est Pascal Bruckner, le philosophe qui murmure à l’oreille des présidents qui panthéonisent, qui a accompagné l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon et plaidé la cause de Joséphine Baker, qui m’a soufflé l’idée de Flora Tristan.

Féministe façon XIXe siècle, figure du mouvement ouvrier, Flora Tristan (1803-1844) a eu une vie courte mais dense. Orpheline de père, bâtarde et pauvre, elle épouse alors qu'elle est encore une jeune ouvrière son patron, un artiste graveur. Ce dernier s'étant révélé être un mari violent, elle finit par le quitter, et par partir avec ses deux enfants. Si elle réussit à obtenir la séparation de biens à une époque où le divorce est interdit, Flora Tristan va subir les foudres de son mari. Un jour, il tire sur elle deux balles dont une lui perfore le poumon… Aujourd’hui, on parlerait de féminicide. A l’époque, on encaisse.

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De Paris à Londres en passant par Lima, les combats d'une militante socialiste

Tout au long de sa courte vie, Flora Tristan va se battre, noircir des carnets, vivre à Londres - "capitale de la misère ouvrière" - s’ouvrir au saint-simonisme. Elle va traverser l’Atlantique, s’embarquer pour l’Amérique latine à la recherche de la famille de son père, un aristocrate péruvien décédé. Culottée, elle va traverser le monde seule pour obtenir sa part d’héritage et se laisser bouleverser par ce qu’elle voit. Un voyage qu’elle racontera dans Pérégrinations d'une paria en 1837 (Actes Sud coll. Babel, 2004). Ce livre politique sera d’abord censuré au Pérou, où Flora Tristan est aujourd’hui admirée.

À lire aussi : La vie, les écrits, "les pérégrinations d’une paria", féministe et socialiste avant l’heure : Flora Tristan

Honorer une apôtre de l'égalité

A Arequipa, dans les Andes péruviennes, elle qui arrive "imprégnée des idées des Lumières" découvre une société inégalitaire. Elle ouvre grand les yeux et ouvre la voie. Pionnière, grand reporter, elle a fait l’expérience de l’altérité, et a été confrontée à la solitude du voyage. Et puis Flora Tristan, c’est une vie à la rencontre des autres, prolétaires de tous les pays. "Apôtre de l’égalité", elle place l’égalité des sexes au cœur de la question sociale, comme le raconte Brigitte Krulic dans sa biographie de Flora Tristan (Gallimard). Si Maurice Genevoix a pris la plume pour "ceux de 14", elle - l’enfant de la Révolution française – écrit pour agir et a donné de la voix pour "sonner le 1789 des femmes".

Elle se voyait comme un "être à part" ajoute encore Brigitte Krulic dans son autobiographie : "Son autoportrait en paria ne saurait faire oublier qu’elle a rendu, autant qu’elle l’a pu, coup pour coup et qu’elle a su âprement défendre ses intérêts : elle a refusé de se plier aux normes d’un siècle où, disait-elle, tout, quand il s’agit des femmes, devaient être aux couleurs et au goût de l’eau de rose".

Olivia Gesbert est productrice de La Grande Table et, avec Rachid Santaki, de La Dictée géante

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