Récolte de céréales au Yémen
Récolte de céréales au Yémen ©Maxppp - YAHYA ARHAB/EFE/Newscom/MaxPPP
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Récolte de céréales au Yémen ©Maxppp - YAHYA ARHAB/EFE/Newscom/MaxPPP
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Le prix des matières premières agricoles atteint des sommets inédits depuis 2011.

2021 a été une année difficile, qui marquera l’Histoire....La pandémie de Covid-19 et les ralentissements économiques ont fait sombrer davantage de personnes dans la souffrance....Dans le monde, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim et 45 millions de personnes se rapprochent de l’inanition.

Voici comment commencent les vœux pour 2022 de Qu Dongyu, le directeur général de la FAO. C'est un fait, en ce début d'année la situation alimentaire mondiale est en crise, particulièrement dans deux régions du monde : 

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- l'Asie Pacifique, où l'organisation des Nations unies pour l'alimentation note dans un rapport récent que plus d'un milliard de personnes n'ont pas eu accès à une alimentation adéquate ces deux dernières années, avec une augmentation liée à la crise du Covid-19 de 150 millions de personnes en une année seulement. Quant à avoir accès non seulement à une alimentation adéquate, mais à une alimentation saine : c'est hors de portée pour 2 milliards de personnes dans cette même région, qui n'ont pas les moyens de se l'accorder

-l'Afrique. Un dernier rapport note l'augmentation continue et aggravée de personnes souffrant de la faim sur le continent, une situation amplifiée là encore par la pandémie.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation, ils sont géopolitiques mais également liés à l'inflation des prix alimentaires. Depuis 2011, c'est-à-dire plus de dix ans, les prix des matières premières agricoles n'avaient jamais atteint de tels records. Des hausses particulièrement marquées pour les céréales les produits laitiers, le sucre, et dans une moindre mesure la viande et les huiles végétales.

Après le rebond économique mondial qui a suivi les premiers confinements, les prix de l’énergie ont particulièrement augmenté suite à une forte demande, et ces prix tirent vers le haut la plupart des matières qui ont besoin d' énergie pour être produites. 

Mais concernant plusieurs matières premières agricoles,  particulièrement les céréales qui constituent la base de beaucoup de systèmes alimentaires, c'est aussi la hausse de la demande qui explique la hausse des cours. Une demande qui s'accentue alors que les disponibilités en blé se resserrent. Concrètement : des récoltes moins bonnes qu'espérées et des attentes de récolte de moins bonne qualité qu'attendues, en Australie notamment, concourent à l'augmentation des prix, selon le principe "rareté fait cherté." Bonne nouvelle : le riz échappe à cette hausse.

Les produits laitiers ensuite, ils explosent : à cause d'une forte demande, elle même suscitée par la crainte d'une offre qui va aller en diminuant. Car les stocks de poudre de lait diminuent après le rebond post première vague, qui a vu la demande exploser. En France, le prix du beurre a augmenté de 24 % en quatre mois, ce n'est certes pas le niveau de la pénurie de beurre de 2018 mais la pression est là : moins de vaches, nourries avec un peu moins d'herbe donnent moins de lait ...on retrouve là encore le cocktail rareté/cherté.

Ces hausses records des matières premières agricoles ne sont pas les seules raisons de la hausse de la faim dans le monde mais elles y participent grandement. De même que l'incapacité, assumée ou subie, des États à bloquer les prix de l'alimentation.

Actuellement, la Turquie, le Sri Lanka, le Kazakhstan, ou le Niger subissent, à des degrés plus ou moins élevés, des crises alimentaires sans précédents. Et l'instabilité et la volatilité des marchés alimentaires mondiaux sont appelées à encore s'aggraver avec le réchauffement climatique et les troubles sécuritaires qui affligent plusieurs régions du monde.

Pourtant, un sommet sur la « transformation des systèmes alimentaires mondiaux » a eu lieu en septembre dernier à New York, sous l'égide de la FAO. Un sommet surtout critiqué pour l'omniprésence, en son sein, des géants de l'agro-industrie mondiale.