La magie de l'art : épisode 3/4 du podcast André Breton

André Breton chez lui vers 1960
André Breton chez lui vers 1960 ©Getty - Archive Photos
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"L'art magique", ou les rapports d'André Breton aux arts plastiques, toutes époques confondues, dans une étroite connivence avec la littérature et la vie.

Avec

Etienne-Alain Hubert est maître de conférences honoraire à l'Université Paris IV-Sorbonne. Il a récemment édité André Breton : Lettres à Jacques Doucet, 1920-1926 chez Gallimard en 2016. Il est également le co-responsable de l'édition des volumes III et IV des Œuvres complètes d'André Breton dans la bibliothèque de la Pléiade. 

Les liens entre Breton et les arts plastiques sont de multiples natures. Ses ouvrages sont souvent accompagnés d'illustrations ou de photographies, en témoigne par exemple Nadja. Le mouvement surréaliste, lui, accorde par ailleurs un rôle de premier plan à l'image : l'imagination y est tout autant langagière que visuelle. 

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Cette connivence entre arts et littérature s'illustre aussi par l'éclectisme de la famille artistique de Breton : Picasso, Dali, Duchamp, Yves Tanguy (qui fascine Breton par la "profondeur" de ses peintures, dans lesquelles l'oeil se retrouve jeté), Ernst ; mais aussi Seurat, Henri Rousseau ou encore Watteau. A cela s'ajoutent les arts primitifs auxquels Breton s'est intéressé, dans la lignée d'Apollinaire et des peintres cubistes. En 1924, alors qu'il travaille pour le couturier Jacques Doucet comme secrétaire, bibliothécaire et conseiller en matière d'art, Breton l'incite à acquérir Les Demoiselles d'Avignon, qu'il décrit comme une "image sacrée" et qu'il voudra ensuite revoir, à une époque où les œuvres d'art n'étaient pas encore reproduites comme aujourd'hui. 

Breton a écrit deux grands ouvrages sur l'art : Le Surréalisme et la Peinture, et L'art magique. Mais cela n'en fait pas pour autant un critique littéraire à proprement parler, qui utiliserait un vocabulaire technique de spécialiste : il n'envisage pas l'art comme une histoire chronologique, comme une histoire d'écoles, d'influences et de canons ; la beauté n'est pas classique ni plastique mais plutôt liée à la lumière, à l'imaginaire et à l'inattendu. On se souvient ainsi de la dernière phrase, emblématique autant que mystérieuse, de Nadja : "La beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas". 

Pour aller plus loin : le site de l'association andrebreton.fr, qui rassemble une grande sélection d'archives artistiques et documentaires autour d'André Breton et de son oeuvre. 

A 15h30 : la chronique de Maialen Berasategui, critique littéraire. 

A 15h55 : suite des lectures de l'oeuvre du poète belge Jean-Claude Pirotte par Jacques Bonnaffé

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

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