Amos Oz en Israël (1991)
Amos Oz en Israël (1991)
Amos Oz en Israël (1991) ©Getty - Photo by Esaias BAITEL/Gamma-Rapho via Getty Images
Amos Oz en Israël (1991) ©Getty - Photo by Esaias BAITEL/Gamma-Rapho via Getty Images
Amos Oz en Israël (1991) ©Getty - Photo by Esaias BAITEL/Gamma-Rapho via Getty Images
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Résumé

Nous abordons dans cette émission le rapport d'Amos Oz à Israël, en tant que chef de file d'une nouvelle littérature israélienne qui accompagne la construction du pays après la diaspora, dans son rapport complexe à l'histoire et à la langue hébraïque.

avec :

Avraham B. Yehoshua (Écrivain israélien (1936-2022)), Gilles Rozier (éditeur et écrivain), Alexis Brocas (Journaliste, romancier, critique et rédacteur en chef du magazine, "Lire").

En savoir plus

Nous sommes en compagnie d'Avraham B. Yehoshua, écrivain israélien qui vient de publier Le Tunnel chez Grasset. Il a très bien connu Amos Oz, et est en tête de file de cette nouvelle génération littéraire en Israël qu'ils incarnent. Tous deux étaient de grands lecteurs de Joseph Agnon, qui avait reçu le prix Nobel en 1966, en même temps que Nelly Sachs. 

Pendant des années, je me suis efforcé de ne plus vivre dans l'ombre d'Agnon, de m'affranchir de son ascendant, de sa langue allusive, raffinée, voire petite-bourgeoise, de sa cadence harmonieuse, d'un certain plaisir midrashique avec les chaudes résonances de la langue rabbinique, les pulsations des mélodies yiddish et les ondulations des contes hassidiques. Je devais me détacher de son humour et de son ironie, de sa symbolique baroque, exubérante, de ses labyrinthes énigmatiques, de ses redondances et de ses admirables facéties littéraires. J'ai eu beau faire, les leçons d'Agnon se retrouvent évidemment dans mes livres. Mais que m'a-t-il réellement appris ? Peut-être ceci : à ne pas projeter qu'un ombre. A ne pas grappiller les raisins secs du gâteau. A réfréner et polir la souffrances. Et encore une chose que ma grand-mère formulait de manière plus percutante que lui : "Si vous n'avez plus de larmes pour pleurer, abstenez-vous donc. Riez plutôt". 

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Une histoire d'amour et de ténèbres, p. 143, traduit par Sylvie Cohen

En seconde partie d'émission, Gilles Rozier, écrivain, traducteur et éditeur, nous parlera plus particulièrement du lien d'Amos Oz avec sa langue maternelle, mais aussi avec le yiddish, qu'il ne parlait pas mais qui est présent en filigrane dans ses récits. La terre et les mots d'Amos Oz sont donc liés par la conscience d'une identité prise en charge par le récit, mais sans cesse remise en question. 

A 15h30 : Alexis Broca, du Nouveau Magazine littéraire, nous présente la chronique. 

A 15h55 : Jacques Bonnaffé poursuit ses lectures des textes poétiques de Flora Bonfanti

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)