Claude Simon en 1985 ©Getty - Photo by Louis MONIER/Gamma-Rapho via Getty Images
Claude Simon en 1985 ©Getty - Photo by Louis MONIER/Gamma-Rapho via Getty Images
Claude Simon en 1985 ©Getty - Photo by Louis MONIER/Gamma-Rapho via Getty Images
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Résumé

La question de la mémoire est au coeur de l'oeuvre romanesque de Claude Simon, dans la mesure où l'imaginaire textuel trouve sa source dans les souvenirs.

avec :

Dominique Viart (essayiste et critique, professeur de littérature à l’Université Paris Nanterre), Maialen Berasategui (journaliste littéraire).

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Dominique Viart est essayiste, critique, et professeur de littérature à l'Université Paris Nanterre. Il a notamment publié Une mémoire inquiète : La Route des Flandres de Claude Simon, ouvrage réédité aux Presses Universitaires du Septentrion en 2010. 

C'est donc à partir de La Route des Flandres que nous interrogeons la place de la mémoire chez Claude Simon, et la manière dont elle est prise en charge par l'écriture. Il s'agirait ainsi d'une Mémoire distincte de l'Histoire, mais qui serait à même de dire la guerre, les relations familiales, les décors et les objets. 

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L'oeuvre de Claude Simon est une leçon de ténèbres de l'histoire du XXe siècle. - Dominique Viart 

Si le style de Claude Simon a pu être perçu comme "difficile" au moment de sa réception, son oeuvre est 

une oeuvre singulière, qui parle plus aux sens qu'à l'intelligence [...]. Beaucoup de jeunes auteurs aujourd'hui sont de grands lecteurs de Claude Simon. - Dominique Viart

Pour notre invité, c'est la sensibilité et l'attention au monde tel qu'il se présente à l'écrivain, qui priment chez Claude Simon, dont la curiosité s'étend à tous les objets. 

Et il me semblait y être, voir cela : des ombrages verts avec des femmes en robes de couleur imprimées, debout ou assises sur des fauteuils de jardin en fer, et des hommes en culottes claires et bottes en train de leur parler, légèrement penchés sur elles, tapotant leurs bottes à petits coups de leur cravache de jonc, les robes des chevaux et celles des femmes, et les cuirs fauves des bottes faisant des taches vives (acajou, mauve, rose, jaune) sur l'épaisseur verte des frondaisons...

Claude Simon, La Route des Flandres, 1960, Editions de Minuit, pp. 20-21. 

L'écriture de Claude Simon, qui décrit ici une course hippique à la manière dont le ferait Elstir, le peintre impressionniste de La Recherche du temps perdu, se fait aussi tableau. Il disait justement en 1967, à l'occasion d'un entretien pour les Lettres françaises, qu'il aurait voulu "être peintre ou jockey". Au fil des pages, les descriptions s'étendent en effet dans une course en avant, avec des arrêts photographiques sur image, et entraînent le lecteur à plonger dans cette "mémoire inquiète". 

Le travail de l'écriture consister à traverser ces couches de médiation, pour arriver - et c'est sans doute impossible - à une pureté de la mémoire. - Dominique Viart

A 15h30 : la chronique nous est présentée par Maialen Berasategui, critique littéraire. 

A 15h55 : le rendez-vous poétique de Jacques Bonnaffé, avec la lecture d'oeuvre d'Etienne Faure pour la suite de cette semaine "Blanche". 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration