George Orwell
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George Orwell ©Getty
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Résumé

Nous poursuivons notre analyse des œuvres de George Orwell avec un portrait de l’homme vertueux. Les préceptes qu'il revendique constituent le fondement de son écriture.

avec :

François Bordes (Historien et poète), Bruce Bégout (Philosophe, maître de conférence à l’Université Michel de Montaigne à Bordeaux).

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Nos invités François Bordes et Bruce Bégout dressent un portrait de l’homme Orwell, des valeurs auxquelles il croyait et qu’il a tenté de véhiculer. 

La décence des gens ordinaires

L’œuvre d’Orwell s’attache à montrer les petites gens, pas dans le but d’en faire la risée d’un lectorat bourgeois qui estimerait ses mœurs supérieures aux leurs, mais parce que ceux-ci constituent des modèles. Orwell inverse le schéma de valeurs. La vertu n’est pas l’apanage des gens ordinaires mais il ne trouve pas chez eux cette appétence pour le pouvoir qu’il croit déceler chez les intellectuels, en dépit des valeurs dont ils se réclament :

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Chaque ligne écrite par Orwell peut donc être lue comme une apologie des gens ordinaires. (Bruce Bégout, De la décence ordinaire, Paris, Allia, 2017, p.7)

30 min

Les marginaux

Ce faisant, Orwell réhabilite les valeurs populaires, critiquées, méprisées et explicite le concept de « décence ordinaire » qui s’y rattache : 

Ce que les formes tyranniques du pouvoir moderne humilient en effet, ce sont justement ces valeurs ordinaires des gens simples, à savoir ce qu’Orwell nomme, à partir de 1935, la « décence ordinaire » (common decency). (Bruce Bégout, De la décence ordinaire, Paris, Allia, 2017, p.13)

Aussi, ceux qui sont tenus à l’écart de la société, marginalisés en raison de leur pauvreté deviennent les sources d’inspiration d’Orwell plutôt que ses pairs à l’apparence impeccable mais englués dans une superficialité d’où ils ne peuvent s’extraire, ne souhaitant le faire de peur de perdre leur statut privilégié :

Il nous faut indiquer qu’Orwell a tout d’abord repéré cette décence ordinaire parmi les gens que la société considère en général comme indécents en raison de leur manière débraillée de vivre : les mendiants et les vagabonds. (Bruce Bégout, De la décence ordinaire, Paris, Allia, 2017, p.15)

Les exécutants

Ainsi, le mal est dans cette écriture, une notion fondamentale. L'oeuvre d'Orwell n'est pas un traité de la vertu. Les êtres ne se départagent pas selon une hiérarchie sociale, un héritage matériel ou culturel mais par leur capacité à exécuter le bien, à rechercher une certaine équité sociale, à se refuser à nuire et désobéir à une autorité qui l’exigerait :

La décence ordinaire se manifeste tout d’abord sous la forme d’une certaine répugnance à faire le mal ou à le voir faire. (Bruce Bégout, De la décence ordinaire, Paris, Allia, 2017, p.28)

À 15 h 30, nous accueillons Bruno de  Labriolle du Mock pour la chronique.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE: Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction).

MUSIQUE CHRONIQUE: Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat).

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration