Jean-Dominique Ingres, Homère défié dit L'Apothéose d'Homère, 1827. ©Getty
Jean-Dominique Ingres, Homère défié dit L'Apothéose d'Homère, 1827. ©Getty
Jean-Dominique Ingres, Homère défié dit L'Apothéose d'Homère, 1827. ©Getty
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Résumé

Redécouvrons la poésie d’Homère à travers ses deux textes majeurs : L’Iliade et l’Odyssée. Les quatre invités de cette semaine nous en feront une nouvelle lecture. Une vision contemporaine à travers laquelle le mythe perdure.

avec :

Pierre Judet de La Combe (Helléniste, directeur d’études à l'EHESS et directeur de recherche émérite au CNRS), Typhaine Samoyault (Enseignante universitaire, critique littéraire et romancière), Jacques Bonnaffé (Comédien).

En savoir plus

Nous entrons dans l’œuvre par la représentation du poète telle qu'elle figure dans l'ouvrage biographique de l'invité de cette première émission, Pierre Judet de La Combe, paru au sein de la collection Folio Biographies des éditions Gallimard en 2017. 

L’énigme du Poète 

La poésie de l’aède le plus renommé parle des autres, pour lui, en son nom. Car d’Homère, on ne sait que peu de choses. Depuis des siècles, le mythe est alimenté par ce mystère qui entoure la figure du poète comparativement à d’autres, appartenant à la même époque. On ne le situe pas ou plutôt nous ne le situons que par rapport à son héros, Ulysse. Ce dernier se caractérise par le voyage qu’il entreprend, le caractère éphémère de sa présence en les lieux qu’il traverse ne lui permet pas d’établir des liens, ne nous permet pas une certaine fixité de l’être : 

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Il ne dit rien de sa famille, de là où il est né, de sa vie, de ses amis. Il ne dit même jamais son nom. Il se cache : les silences d’Homère, si c’est bien quelqu’un qui est resté silencieux. Pierre Judet de La Combe, Homère, Paris, Gallimard, Folio biographies, 2017, p. 12-13.

Nomen est omen, le porteur est défini par son nom. Celui qui s’en affranchit prend donc la liberté de s’inventer toutes les identités qu’il souhaite, de ne pas être réduit à une seule d’entre elles, de n’y être pas assigné : 

Il est frappant qu’Homère, le tant nommé, ne dise jamais son nom. Hésiode au contraire, qui était sans doute un individu réel, fait lui-même ce geste. Il se nomme dans son poème, tandis que dans ses œuvres, celles qui portent son nom, Homère reste constamment anonyme. Il laisse aux autres le soin de le nommer et par là de faire sa renommée. Pierre Judet de La Combe, Homère, Paris, Gallimard, Folio biographies, 2017, p. 12-13.

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Le poète errant et aveugle dissimule sa propre identité, son nom et c’est la parole de l’oracle qu’il rencontre qui devient déterminante.  

À 15 h 30, nous accueillons Typhaine Samoyault pour la chronique littéraire.

À 15 h 55, la poésie de Jacques Bonnaffé rend hommage toute la semaine à la poétesse polonaise Wislawa Szymborska (1923-2012).

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction).

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat).