S'abandonner au destin : épisode 1/4 du podcast Giacomo Casanova

Portrait de Casanova dans les années 1750, peint par son frère Francesco Giuseppe.
Portrait de Casanova dans les années 1750, peint par son frère Francesco Giuseppe.  ©Getty - Fine Art Images/Heritage Images
Portrait de Casanova dans les années 1750, peint par son frère Francesco Giuseppe. ©Getty - Fine Art Images/Heritage Images
Portrait de Casanova dans les années 1750, peint par son frère Francesco Giuseppe. ©Getty - Fine Art Images/Heritage Images
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Cette première émission s'intéresse à la vie trépidante du voyageur et aventurier vénitien, né en 1725 et mort en 1798.

Avec
  • Maxime Rovere Philosophe, spécialiste de Spinoza, membre de l’Institut Néerlandais d’Etudes Avancées à Amsterdam
  • Tiphaine Samoyault essayiste, traductrice et critique littéraire, directrice d’études à l’EHESS

Maxime Rovère est philosophe et enseigne la philosophie à l'Université de Rio de Janeiro. Il est écrivain, et notamment auteur de la biographie Casanova, parue chez Gallimard dans la collection Folio en 2011.

Comment écrire la vie de quelqu'un qui a lui-même écrit la sienne ? Peut-on se fier à la narration de Casanova ? C'est ce que nous nous demandons avec notre invité, puisque Casanova est avant tout un joueur qui relie par le fil du récit les épisodes rocambolesques de sa vie. Amoureux du vin, de la gastronomie, de l'amour, avide de projets en tous genres, le grand séducteur conquiert aussi son lecteur. 

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Né à Venise le 2 avril 1725, les parents de Casanova sont comédiens et il est élevé par sa grand-mère. Autour du cercle familial gravite aussi le poète libertin scandaleux Baffo. Souvent malade, on l'emmène chez une sorcière-guérisseuse sur l'île de Murano, dans la lagune de Venise, pour faire cesser ses saignements de nez : il date de cet épisode son premier souvenir marquant, à un peu plus de huit ans. On le destine à une carrière ecclésiastique - il fréquentera de fait de nombreuses personnalités religieuses au cours de sa vie - mais il apprend le droit et même des rudiments de médecine. Il voyage beaucoup, mais retourne souvent à Venise. En France, il rencontre les acteurs du siècle des Lumières et de son libertinage de moeurs et d'esprit : Rousseau, Voltaire, ou encore la marquise d'Urgé, passionnée d'occultisme à qui il jouera des mauvais tours. 

Si Casanova rencontre les esprits les plus éclairés de son temps - par exemple Lorenzo Da Ponte, le librettiste de Mozart, il se distingue aussi par ses régulières arrestations. Il est ainsi emprisonné aux Piombi, la célèbre prison de Venise dont on disait que l'on ne s'en échappait jamais. Il fait le récit de son évasion dans une cinquantaine de pages spectaculaires et rocambolesques dans ses mémoires, après plus d'un an passé sous la chaleur suffocante ou le froid glaçant des plombs. En amour également, l'érotisme et la tendresse se mêle à la violence et au viol. Devenu un personnage mythique célèbre pour ses conquêtes amoureuses de son vivant, il meurt assez délaissé puisqu'il occupe à la fin de sa vie un poste de bibliothécaire auprès du Comte de Waldstein, dans son château de Dux en Bohême. Moins de dix ans avant sa mort en 1898, il y consacre la rédaction de ses mémoires, Histoire de ma vie

A 15h30 : retrouvez la chronique littéraire de Tiphaine Samoyault, écrivaine, essayiste et co-directrice de la revue en ligne En attendant Nadeau

A 15h55 : Jacques Bonnaffé nous propose cette semaine des lectures du recueil Nager vers la Norvège de Jérôme Leroy, paru en mars 2019 aux éditions de la Table Ronde. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

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