Jean Cocteau et Raymond Voinquel sur le tournage de "L'aigle à deux têtes" (1947) ©Getty - Archivio Cameraphoto Epoche
Jean Cocteau et Raymond Voinquel sur le tournage de "L'aigle à deux têtes" (1947) ©Getty - Archivio Cameraphoto Epoche
Jean Cocteau et Raymond Voinquel sur le tournage de "L'aigle à deux têtes" (1947) ©Getty - Archivio Cameraphoto Epoche
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Résumé

Philippe Azoury nous aide aujourd’hui à pénétrer l’œuvre de « l’insaisissable Cocteau », cette œuvre « passe-muraille », « impossible à ramasser » et soumise « au danger d’un trop plein d’images ».

avec :

Philippe Azoury (Journaliste, critique et auteur).

En savoir plus

Aujourd’hui dans « La compagnie des œuvres », Cocteau fait son cinéma. Et pour l’occasion, Matthieu Garrigou-Lagrange est rejoint par l’écrivain et critique de cinéma Philippe Azoury, auteur – avec Jean-Marc Lalanne – du livre Cocteau et le cinéma. Désordres (Cahiers du cinéma/Centre Pompidou, 2003).

Premier écrivain français à tenter l’aventure du cinéma, Cocteau s’y essaie d’abord avec un hommage à Charlot (Jean Cocteau fait du cinéma, 1925) avant de réaliser son premier véritable film, Le sang d’un poète (1930). Il y met en scène l’enfance terrible d’Orphée, figure mythique qu’il déclinera par la suite avec Orphée et Le Testament d’Orphée

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Dans l'œuvre de Cocteau, ce sont les mêmes images qui passent d'une peau à l'autre, qui circulent de la littérature au cinéma. (Philippe Azoury)

En 1946 s’achève le tournage de La Belle et la Bête, adapté du conte de Mme Leprince de Beaumont. Cocteau y déploie un cinéma onirique, baigné d’un idéal de contemplation et de beauté, qui ne s’embarrasse pas du monde extérieur à l’imaginaire. « J’habite un autre monde, monde où les lieux et le temps m’appartiennent, déclarait ainsi l’artiste. J’y habite sans journaux, sans lettres, sans dépêches, sans téléphone, sans le moindre contact avec le dehors_._ »

Le cinéma a été la grande rencontre de Cocteau avec l'art, parce qu'il lui a permis d'avoir un accès au temps, à ce qu'il appelle le « velours du temps », que la poésie ou le théâtre ne lui donnaient pas. Il parvient à toucher à son défilement, en créant des films lents, d'une profondeur surnaturelle. (Philippe Azoury)

Il y aura eu également, parmi ses œuvres cinématographiques, L’éternel retour (1943), baptisée en hommage à la pensée nietzschéenne, L’Aigle à deux têtes (1948) et Les Parents terribles (1948), à propos de laquelle André Bazin formulera l’un de ses textes théoriques les plus décisifs, Théâtre et cinéma (1951). Le critique s’y émerveille que « la caméra [soit] enfin le spectateur et rien que le spectateur » sous la direction de Cocteau.

Après sa mort, le poète, romancier et dramaturge inspirera encore le cinéma. Ainsi, son roman Thomas l’imposteur sera adapté en 1965 par Michel Worms et Georges Franju, tandis que La Voix humaine sera porté sur les écrans par Dominique Lelouche en 1970.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration