Pierre Guyotat lors de la remise du Prix Medicis pour son ouvrage "Idiotie" à Paris, en 2018
Pierre Guyotat lors de la remise du Prix Medicis pour son ouvrage "Idiotie" à Paris, en 2018
Pierre Guyotat lors de la remise du Prix Medicis pour son ouvrage "Idiotie" à Paris, en 2018 ©Getty - Sophie Bassouls/Sygma
Pierre Guyotat lors de la remise du Prix Medicis pour son ouvrage "Idiotie" à Paris, en 2018 ©Getty - Sophie Bassouls/Sygma
Pierre Guyotat lors de la remise du Prix Medicis pour son ouvrage "Idiotie" à Paris, en 2018 ©Getty - Sophie Bassouls/Sygma
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Résumé

Réputée scandaleuse, illisible, sans fin : la littérature de Pierre Guyotat fut cet espace fantasmagorique, conquis de haute lutte par son auteur sur le refoulé et la censure. Une liberté d’expression qui lui valut de faire figure de tabou, voire de totem sur la scène littéraire…

avec :

Bertrand Leclair, Guillaume Fau.

En savoir plus

Pour la deuxième émission de ce cycle sur « L’art de Pierre Guyotat », Matthieu Garrigou-Lagrange reçoit en première partie le romancier et critique littéraire Bertrand Leclair. En seconde partie, Guillaume Fau, conservateur à la Bibliothèque Nationale de France, mais également exécutoire testamentaire et titulaire du droit moral de Pierre Guyotat revient sur sa rencontre avec le romancier et dramaturge.

« J’ai découvert ma liberté [avec la littérature], celle que j’ai de dire absolument ce que je veux ; cette liberté sans limite ne s’acquiert jamais une fois pour toutes. » Ainsi Pierre Guyotat définissait-il son rapport à la création, dans laquelle « toute introduction d’une norme morale ou d’une finalité morale » lui paraissait impossible, car la littérature, comme le fantasme ou le rêve, se doit d’être libre. Sans jamais pécher autrement que par l’imaginaire, Guyotat aborda à travers son œuvre ce que la conscience collective refoule et réprime : pédophilie, zoophilie… Eden, Eden, Eden, son œuvre la plus sulfureuse, lui valut ainsi un retour de bâton conséquent lors de sa publication en 1970 : scandale et censure furent au rendez-vous. « Il fallait écrire plat pour être vendu », déclarera-t-il par la suite.

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La littérature de Pierre Guyotat met en scène les couches du dessous, tout ce qu'il est interdit d'exprimer. C'est une littérature époustouflante. La lutte avec le verbe y est extraordinaire. Eden, Eden, Éden en particulier témoigne de ce que peut l'art littéraire, comme très peu d'œuvres peuvent en témoigner. (Bertrand Leclair)

Le romancier et dramaturge tire sa révérence en février 2020, laissant derrière lui une œuvre conséquente, en partie inachevée. Ses archives sont désormais la propriété de la BNF, selon la volonté formulée de son vivant. L’ensemble de ses manuscrits, y compris ceux en préparation chez Gallimard ont été récupérés par Guillaume Fau, conservateur de l’institution et invité de cette seconde partie d’émission. Au détour de longs entretiens avec Guyotat, qu’il fréquenta assidument, Guillaume Fau aura acquis de lui une connaissance subtile, qui supplante celle à laquelle vous borne l’admiration éperdue : une énergie de marathonien, un souci des autres et du monde, une absence de certitudes également, exception faite d’une seule : celle qu’il restait encore de la beauté à créer… Voilà ce qui définissait Pierre Guyotat. 

Il a laissé dans ses archives une grande quantité de manuscrits inachevés qui attestent de son travail inlassable, acharné à la recherche de cette beauté qu'il entendait créer. (Guillaume Fau)

Compagnon d’infortune, le doute l’aura accompagné jusqu’à son terme : « Le plus dur ce n’est pas la fin, confiera le romancier sur son lit d’hôpital à Guillaume Fau ; ce sont  les doutes sur ce que j’ai fait… »

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration