Portrait de Monique Wittig en 1966 ©Getty - Les Lee/Express/Hulton Archive
Portrait de Monique Wittig en 1966 ©Getty - Les Lee/Express/Hulton Archive
Portrait de Monique Wittig en 1966 ©Getty - Les Lee/Express/Hulton Archive
Publicité
Résumé

La compagnie des œuvres s’intéresse à l’écrivaine, militante et théoricienne Monique Wittig (1935-2003). Voix unique de la littérature ainsi que du féminisme lesbien français, elle livra une révolution sexuelle en langue et en actes. Parmi ses ouvrages majeurs, L’Opoponax et La pensée straight.

avec :

Maialen Berasategui (journaliste littéraire), Sam Bourcier (Activiste queer et sociologue, maître de conférences à l'université Lille III, fondateur du collectif Le Zoo.).

En savoir plus

Aux États-Unis, Monique Wittig fait figure de pionnière, si ce n’est d’icône dans les études féministes. En France, l’on a gardé d’elle le souvenir d’une écrivaine brillamment entrée en littérature avec un premier roman, précédent Les Guérillères (1969), Le corps lesbien (1973) et Virgile, non (1985) : L’Opoponax, publié aux éditions de Minuit en 1964 et salué par les écrivains du Nouveau roman. De l’amour lesbien dans le roman en question, pas un mot ne fut prononcé à l’époque. Quant au rôle de Monique Wittig dans l’histoire du féminisme français des années 1970, l’on ne sait aujourd’hui que peu de choses. Dans quelles circonstances prit-elle la décision de quitter le « Mouvement de Libération des Femmes » (M.L.F.), qu’elle avait cofondé, et pourquoi s’exila-t-elle en 1976 aux États-Unis ? Comment The straight mind, recueil d’articles et de colloques édité à l’origine par Beacon Press en 1992 et reparu en France neuf ans plus tard sous le titre La pensée straight, bouleversa-t-il la façon dont l’oppression du sexe féminin avait été pensée jusque-là ? Comment qualifier enfin les enjeux révolutionnaires du travail de la langue, des mythes et des genres littéraires dans l’œuvre romanesque de Wittig ? 

Pour éclairer l’existence de l’autrice de L’Opoponax, ainsi que son œuvre littéraire et théorique, Matthieu Garrigou-Lagrange est en compagnie de Sam Bourcier. Maître de conférences à l’université Lille III, sociologue, activiste queer et auteur de la trilogie Queer zones publiée aux éditions Amsterdam, il a également coordonné la publication de La pensée straight de Monique Wittig en France. 

Publicité

Monique Wittig va faire la guerre à la langue. Elle va faire la guerre à la littérature straight. Elle va faire la guerre au canon littéraire moderniste. Dès L'Opoponax, on entre dans la guerre des pronoms. Wittig y emploie le « on » parce qu'il n'est ni masculin ni féminin. C'est une manière de subvertir le langage. (Sam Bourcier)

Monique Wittig a eu cette déclaration célèbre dans un article paru dans Questions féministes et repris dans La pensée straight : les lesbiennes ne seraient pas des femmes. Cela, elle le dit à cause du substrat marxiste. Elle affirme en somme que les catégories « hommes » et « femmes » sont des classes sociales, dans une perspective d'analyse marxiste. Ces classes sociales sont régies par le régime hétérosexuel. À partir du moment, dit-elle, où les lesbiennes échappent au régime hétérosexuel, et donc au mariage et à la reproduction - cela valait à l'époque, plus aujourd'hui -, elles ne sont pas des femmes. (Sam Bourcier)

Et la chronique de Maialen Berasategui, journaliste littéraire

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration