Parc Güell, Barcelone
Parc Güell, Barcelone ©Getty - Education images
Parc Güell, Barcelone ©Getty - Education images
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Antoni Gaudí incarne l’Art nouveau. Les maisons Mila, Calvet ou Batlló, le parc Güell… Chacune de ses créations témoigne d’un goût de l’hyperbole, qui trouvera son point culminant avec la Sagrada Família, œuvre tentaculaire et inachevée.

Avec
  • Isabelle Morin Loutrel Conservateur au musée d’Orsay
  • Nathalie Froloff professeure en classes préparatoires au lycée Louis le Grand

Antoni Gaudí débute sa carrière d’architecte en 1877 dans un Barcelone en pleine expansion, alors même que l’Espagne aspire à trouver son « architecture nationale ». Il ne tarde pas à faire la connaissance de riches mécènes. Puisant son inspiration dans l’art mudéjar, forme prise par l’art chrétien durant la Reconquête (XIIe –XIVe) sous l’influence de l’art musulman, il imagine pour eux les maisons Mila, Calvet, Batlló, le Parc Güell et le palais du même nom. Avec la Sagrada Família, le pieux Gaudí succombe à l’hubris. Faire surgir du sol un monument divin, à même de renouveler l’art gothique et « vaincre trois siècles d’architecture », telle est sa folle ambition...

Matthieu Garrigou-Lagrange revient aujourd’hui sur l’épopée artistique d’Antoni Gaudí en compagnie d’Isabelle Morin-Loutrel, conservatrice en chef du patrimoine, chargée des collections d’architecture au musée d’Orsay à Paris et co-commissaire d’une exposition prévue pour mars 2022 sur l’architecte espagnol.

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On a parfois employé les termes "romantique" ou "littéraire " pour qualifier l'oeuvre de Gaudí. Ce sont des termes à manipuler avec précaution lorsqu'on parle d'architecture, mais dont on a besoin pour qualifier l'émotion qu'elle suscite. Il se trouve que Gaudi était sensible à la poésie. Il a été marqué par des poètes comme Jacint Verdaguer et Joan Maragall. En cela, son œuvre est porteuse d'une dimension poétique.  
Isabelle Morin-Loutrel

Lorsqu'on étudie le personnage, on se rend compte de sa tendance morbide. Gaudi, de par sa foi religieuse, crée en permanence un lien entre l'humain et le divin. Il voit au-delà de l'homme et la nature. Cela donne des architectures en spirales, qui évoquent des chairs humaines, des os ou des paysages sous-marins. En dépit de cet esprit de création fantasque, Gaudí a réussi à rassembler une riche clientèle, même si ses commanditaires n'appréciaient pas toujours le résultat !  
Isabelle Morin-Loutrel

En milieu d’émission, retrouvez la chronique de Nathalie Froloff, professeure en classes préparatoires au lycée parisien Louis le Grand.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

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